Le cadre
La semaine de travail d’un(e) enseignant(e) comprend vingt-sept (27) heures de présence obligatoire à l’école à l’intérieur d’un horaire quotidien de huit (8) heures et d’un programme hebdomadaire de trente-cinq (35) heures.
La tâche éducative, c’est-à-dire la partie de la tâche d’un(e) enseignant(e) qui se fait en présence des étudiant(e)s, comprend surtout de l’enseignement proprement dit. Elle comprend aussi du temps pour permettre à des étudiant(e)s qui ont de la difficulté à apprendre d’obtenir une aide spéciale de leurs professeurs; c’est la récupération. De plus, par l’encadrement, l’étudiant(e) reçoit un service de soutien qui lui est offert par un tuteur ou professeur responsable. Enfin, la tâche éducative comprend aussi l’ensemble des activités en dehors de l’horaire qu’elles soient socioculturelles, sportives ou récréatives. Cette tâche éducative est de vingt-trois (23) heures au préscolaire et au primaire et de vingt (20) heures au secondaire par semaine.
Peut-on dire alors que les enseignant(e)s ne travaillent que vingt-sept (27) heures par semaine ? Sûrement pas ! Il y a une nette différence entre la tâche réelle et globale qu’un(e) enseignant(e) accomplit et celle qui s’effectue en présence des étudiant(e)s.
Le vécu
Nous n’avons pas encore parlé du travail qui précède et qui englobe la tâche éducative comme telle. Donner une (l) heure de cours prend en moyenne de deux (2) à trois (3) heures de préparation : l’enseignant(e) doit d’abord bien posséder sa matière, il (elle) doit élaborer une pédagogie appropriée à chaque partie du programme et au type d’étudiant(e)s à qui il (elle) enseigne. Vous me dites aussitôt : « Mais dès que ce travail-là est fait, c’est fait pour toujours ». Si c’était vrai, on aurait la vie facile mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Comme les programmes changent fréquemment, on est obligé de se rajuster et souvent de se recycler. De plus, on doit refaire les exercices d’apprentissage et d’évaluation qui ne sont plus appropriés. Avec la diminution de la clientèle scolaire depuis plusieurs années, les enseignant(e)s changent de discipline ou complètent leur tâche dans un autre champ d’enseignement, ce qui fait que tout est à recommencer. Les activités en dehors de l’horaire nécessitent une planification et une préparation qu’on néglige souvent d’évaluer et de reconnaître.
Ajoutons à cela le stress qui accompagne ces changements, le nombre toujours plus élevé d’élèves par groupe à qui on ne peut plus offrir un service valable, les enfants qui éprouvent des difficultés d’adaptation et d’apprentissage qu’on intègre dans des classes régulières et à qui, souvent on n’accorde plus de support faute de personnel spécialisé et vous avez un portrait réel de la tâche actuelle d’un(e) enseignant(e).
Gérard Messier
pour le S.E.E.



