Ça fait quoi, un(e) enseignant(e)

18 avril 1986

Le cadre

La semaine de travail d’un(e) enseignant(e) comprend vingt-sept (27) heures de présence obligatoire à l’école à l’intérieur d’un horaire quotidien de huit (8) heures et d’un programme hebdomadaire de trente-cinq (35) heures.

La tâche éducative, c’est-à-dire la partie de la tâche d’un(e) enseignant(e) qui se fait en pré­sence des étudiant(e)s, comprend surtout de l’enseignement pro­prement dit. Elle comprend aussi du temps pour permettre à des étudiant(e)s qui ont de la diffi­culté à apprendre d’obtenir une aide spéciale de leurs profes­seurs; c’est la récupération. De plus, par l’encadrement, l’étu­diant(e) reçoit un service de sou­tien qui lui est offert par un tuteur ou professeur responsable. En­fin, la tâche éducative comprend aussi l’ensemble des activités en dehors de l’horaire qu’elles soient socioculturelles, spor­tives ou récréatives. Cette tâche éducative est de vingt-trois (23) heures au préscolaire et au pri­maire et de vingt (20) heures au secondaire par semaine.

Peut-on dire alors que les en­seignant(e)s ne travaillent que vingt-sept (27) heures par se­maine ? Sûrement pas ! Il y a une nette différence entre la tâche réelle et globale qu’un(e) ensei­gnant(e) accomplit et celle qui s’effectue en présence des étu­diant(e)s.

Le vécu

Nous n’avons pas encore parlé du travail qui précède et qui en­globe la tâche éducative comme telle. Donner une (l) heure de cours prend en moyenne de deux (2) à trois (3) heures de prépara­tion : l’enseignant(e) doit d’abord bien posséder sa matière, il (elle) doit élaborer une pédagogie ap­propriée à chaque partie du pro­gramme et au type d’étudiant(e)s à qui il (elle) enseigne. Vous me dites aussitôt : « Mais dès que ce travail-là est fait, c’est fait pour toujours ». Si c’était vrai, on au­rait la vie facile mais malheureu­sement, ce n’est pas le cas. Comme les programmes chan­gent fréquemment, on est obligé de se rajuster et souvent de se recycler. De plus, on doit refaire les exercices d’apprentissage et d’évaluation qui ne sont plus ap­propriés. Avec la diminution de la clientèle scolaire depuis plu­sieurs années, les enseignant(e)s changent de discipline ou complètent leur tâche dans un autre champ d’enseignement, ce qui fait que tout est à recommen­cer. Les activités en dehors de l’horaire nécessitent une planifi­cation et une préparation qu’on néglige souvent d’évaluer et de reconnaître.

Ajoutons à cela le stress qui accompagne ces changements, le nombre toujours plus élevé d’é­lèves par groupe à qui on ne peut plus offrir un service valable, les enfants qui éprouvent des difficultés d’adaptation et d’appren­tissage qu’on intègre dans des classes régulières et à qui, sou­vent on n’accorde plus de support faute de personnel spécialisé et vous avez un portrait réel de la tâche actuelle d’un(e) ensei­gnant(e).

Gérard Messier
pour le S.E.E.

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