Cap Random

9 septembre 2000

Ce premier roman de la Terre-Neuvienne Bernice Morgan nous ramène au tout début du XIXe siècle en 1810, au moment où une peccadille oblige les An­drews à quitter leur Angle­terre natale. Un bateau le dépose au cap Random, un coin désolé de Terre-Neuve. Et les rares habitants du lieu « suivent de leurs yeti] bleus et candides la famille Andrews qui débarque chargée de paniers, de ba­rils, de couvertures enrou­lées, chargée de sa pau­vreté ».

Le premier hiver en cette terre inhospitalière sera terri­ble – on pèle de froid, on meurt de faim -, alors qu’à l’été hommes et femmes travailleront comme des bê­tes de somme pour gagner leur subsistance. Pour dé­crire cette vie âpre, l’auteure invente deux journaux inti­mes : elle prête le premier à Lavinia Andrews, jeune fille orgueilleuse et farouche, tan­dis que le second vient de Thomas Hutchings, homme mystérieux et complexe dont la véritable identité ne sera révélée qu’à la fin. À cet élé­ment de suspense se greffe l’atmosphère très particu­lière, et magistralement ren­due par Mme Morgan, de ce lieu clos qu’est le cap Ran­dom. Le résultat est franche­ment captivant, et le Canada anglais a dû reste réservé un bel accueil, sous silence, enfin, l’excellente traduction qu’en a faite Hélène Rioux. XYZ éditeur, 2000, 352 p.

Source Francine Bordeleau, La Gazette des femmes, septembre et octobre 2000, vol. 22, no 3.