Charte mondiale des femmes pour l’humanité

1 mars 2005

Adoptée le 10 décembre 2004 à Kigali au Rwanda lors de la 5e rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes

Préambule

Nous, les femmes, marchons depuis longtemps pour dénoncer et exiger la fin de l’oppression que nous vivons en tant que femmes, pour dire que la domination, l’exploitation, l’égoïsme et la recherche effrénée du profit menant aux injustices, aux guerres, aux conquêtes et aux violences ont une fin. De nos luttes féministes, de celles qu’ont menées nos aïeules sur tous les continents, sont nés de nouveaux espaces de liberté, pour nous-mêmes, pour nos filles, pour nos fils et pour toutes les petites filles et tous les petits garçons, qui, après nous, fouleront ce sol. Nous bâtissons un monde où la diversité est un atout et où tant l’individualité que la collectivité sont sources de richesse, où les échanges fleurissent sans contraintes, où les paroles, les chants et les rêves bourgeonnent. Ce monde considère la personne humaine comme une des richesses les plus précieuses. 11 y règne l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. Ce monde, nous avons la force de le créer.

Nous formons plus de la moitié de l’humanité. Nous donnons la vie, travaillons, aimons, créons, militons, nous distrayons. Nous assurons actuellement la majorité des tâches essentielles à la vie et à la continuité de cette humanité. Pourtant, notre place dans la société reste sous-évaluée.

La Marche mondiale des femmes, dont nous faisons partie, identifie le patriarcat comme le système d’oppression des femmes et le capitalisme comme le système d’exploitation d’une immense majorité de femmes et d’hommes par une minorité.

Ces systèmes se renforcent mutuellement. Ils s’enracinent et se conjuguent avec le racisme, le sexisme, la misogynie, la xénophobie, l’homophobie, le colonialisme, l’impérialisme, l’esclavagisme, le travail forcé. Ils font le lit des fondamentalismes et intégrismes qui empêchent les femmes et les hommes d’être libres. Ils génèrent la pauvreté, l’exclusion, violent les droits des êtres humains, particulièrement ceux des femmes, et mettent l’humanité et la planète en péril.

Nous rejetons ce monde ! Nous proposons de construire un autre monde ou l’exploitation, l’oppression, l’intolérance et les exclusions n’existent plus, où l’intégrité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés. Cette Charge se fonde suries valeurs d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice et de paix.

Source : 2005 – Charte mondiale des femmes pour l’humanité

 

8 mars 2005

Brésil. Début du Relais mondial de la Charte au Brésil et assem­blage progressif de la Courtepointe de la solidarité mondiale. Relais s’arrêtant dans 50 pays.

Entre Sao Pablo et Ouagadougou
La Charte fera escale dans plus de 50 pays, régions et territoires : dans des grandes villes, dans des zones rurales, dans des régions frontalières, etc. Des actions seront organisées dans chaque lieu de pas­sage de la Charte.

La Courtepointe de la solidarité mondiale, l’étoffe de nos utopies

Chaque pays ou territoire illustrera son monde idéal sur un carré de tissu afin de former une courtepointe mondiale. Assemblée tout au long du Relais mondial, la Courtepointe de la solidarité traduira en images la Charte mondiale des femmes pour l’humanité dans toute sa diversité.

17 octobre 2005, 12 h – Les 24 heures de solidarité fémi­niste mondiale. Débutant en Océanie, d’Est en Ouest.

Le 17 octobre 2005 à midi, les femmes de chaque fuseau horaire se mobiliseront durant une heure pour les 24 heures de solidarité fémi­niste mondiale. Nous illustrerons ainsi notre détermination à poursuivre nos rêves et à construire un monde où égalité, justice, paix et solidarité cimentent nos liens.

17 octobre 2005

Arrivée de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité et de la Courtepointe de la solidarité (Fin du Relais mondial). Burkina Faso

Source : Fédération des femmes du Québec

 

 

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