Le budget Martin et les prestations parentales
Actuellement, la nouvelle maman peut recevoir 15 semaines de prestations de maternité. Elle et son conjoint peuvent aussi se partager 10 semaines de prestations parentales. Le taux de leurs prestations correspond à 55 % de leur rémunération hebdomadaire moyenne. Si les deux parents décident de toucher ces prestations, chacun doit purger une période d’attente de deux semaines à leurs frais. Chacun doit, au cours de sa période de référence, avoir accumulé un minimum de 700 heures de travail assurable pour être admissible à ces prestations spéciales.
Après la bonification annoncée, le critère d’admissibilité passera de 700 à 600 heures de travail. Notons qu’avant 1997, l’exigence minimale était de 300 heures.., La mère pourra toujours toucher 15 semaines de prestations de maternité. La durée des prestations parentales sera augmentée à 35 semaines pour les parents biologiques et adoptifs. Si les deux parents se partagent ces prestations, une seule période d’attente devra être purgée. Le taux de ces prestations demeurent à 55 % de la moyenne salariale de chacun des parents. Par contre, ils pourront gagner un montant égal à 25 % de leurs prestations hebdomadaires ou un minimum de 50 $ sans que le niveau de leurs prestations ne soit affecté.
Les prestations parentales bonifiées seront disponibles
aux parents dont l’enfant est né ou placé chez eux pour
adoption le 31 décembre 2000 ou après cette date.
L’envers de la médaille
Actuellement, bien des femmes ne touchent pas toutes les prestations (maternités ou parentales) auxquelles elles ont droit, car elles n’ont pas les moyens de vivre 6 mois à 55 % de de leur revenu. Il est évident que les familles à faibles revenus ne bénéficieront pas de la bonification de Paul Martin. Ces familles auraient préféré une bonification à 35 semaines au lieu de 50, mais avec un taux de prestations majoré à 75 % du salaire. Cette méthode plus économique permettraient une plus grande admissibilité à ces prestations.
La Fédération des femmes du Québec et de nombreux groupes de sans-emploi revendiquent que les congés parentaux ne relèvent plus de l’assurance-emploi. Ils devraient plutôt être liés aux politiques familiales et relever des ministères de la famille des provinces. À tout le moins, le fait de toucher des prestations parentales ne devraient pas brimer les parents de leur droit aux prestations régulières. Autant aujourd’hui qu’après la bonification, des prestataires seront pénalisés d’avoir touché des prestations parentales. Prenons l’exemple d’une mère qui toucherait les 50 semaines de prestations spéciales à sa disposition. Peu après son retour au travail, elle est mise à pied. Elle ne pourra recevoir de prestations régulières puisqu’elle n’aura pas suffisamment d’heures de travail depuis son congé parental.
