Affaire internationale
Le comité de solidarité de l’Estrie a organisé plusieurs voyages de solidarité à Cuba touchant les thèmes de l’éducation, de la santé, de la culture et de l’environnement. Dans le cadre de ces projets, les participants ont été sensibilisés à la cause de cinq Cubains emprisonnés injustement aux États-Unis depuis 11 ans. Mad. Elizabeth Palmeiro, épouse de Ramón Labañino, un des cinq prisonniers, a donné une conférence pour nous expliquer en détail la problématique.
Au milieu des années 90, les Cubains Fernando Gonzales, René Gonzales, Antonio Guerrero, Gerardo Hernandez et Ramon Labanino, connus internationalement comme les « Cinq », avaient infiltré des groupes anticubains de Miami, connus pour avoir perpétré des actes terroristes ayant causé la mort de milliers de Cubains. Par exemple, le 6 octobre 1976, des membres de ces groupes terroristes ont fait exploser en plein vol un avion de la ligne Cubana, causant la mort de l’équipe juvénile d’escrime cubaine et de l’ensemble des passagers.
En 1998, le gouvernement cubain a remis aux autorités américaines un rapport volumineux démontrant que dés actes terroristes se préparaient en sol américain contre Cuba, par ces groupes anticubains de Miami. Les informations résultaient en grande partie des renseignements recueillis par les cinq Cubains qui avaient infiltré pacifiquement ces groupes. Plutôt que d’agir à la lumière de ces renseignements pour arrêter de dangereux terroristes, ce sont les cinq agents cubains qui furent arrêtés, le 12 septembre 1998. Pourtant, fis n’ont commis aucun crime et ne faisaient que défendre de façon non violente les vies des citoyens de leur pays.
Alors que des hauts gradés étatsuniens ont déclaré à la barre qu’en s’infiltrant dans les groupes contre-révolutionnaires de Miami, les accusés n’avaient jamais porté atteinte à la sécurité nationale des États-Unis, le tribunal les a condamnés pour « conspiration d’espionnage » contre le gouvernement américain.
Réactions internationales
Leur procès a été dénoncé internationalement, entre autres aux Nations Unies, par le groupe de travail sur les détentions arbitraires en mai 2005. Le 4 mars 2009, le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Miguel d’Escoto Brockmann, a demandé la libération des Cinq lors de la session du Conseil des droits humains de l’ONU.
Maurice Lemoine, du journal français Le Monde diplomatique, a relevé que lors du procès, le jury a fait l’objet de fortes pressions politiques et économiques provenant de la mafia anticubaine de Miami. Plusieurs manifestations ont eu lieu aux États-Unis pour exiger la libération immédiate des cinq Cubains. Des personnalités comme Noam Chomsky, un activiste réputé, et Alice Walker, une romancière, ont appuyé la cause des inculpés.
Réactions Canadiennes
Au Canada, sur l’initiative de Francine Lalonde, députée du Bloc Québécois et porte-parole en matière d’affaires étrangères, 56 députés fédéraux ont signé une lettre réclamant justice pour les cinq Cubains et pour leurs familles. Une députée du NPD, Libby Ravies, a aussi réuni les signatures des 16 députés de son parti.
La lettre a été transmise.en juin 2008 à David Emerson, ministre des Affaires étrangères du Canada avec copie à Michael Mukasey, Procureur général des États-Unis, et David Wilkins, Ambassadeur des États-Unis au Canada.
La lettre en question indique que les Cubains emprisonnés aux États-Unis depuis plus de 11 ans ont subi un procès inéquitable et des conditions de détention qui contreviennent à la Constitution américaine et au droit international. La lettre fait aussi mention que ces cinq personnes sont détenues, séparées les unes des autres dans cinq prisons à sécurité maximale et maintenues pendant de longues périodes dans des cellules d’isolement, et que deux d’entre elles se sont même vues refuser leur droit aux visites familiales.
Réactions Estriennes
Le Comité de solidarité de l’Estrie, membre de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba (TCSQ-C), de même que le Réseau canadien de solidarité avec Cuba (CNC), appuie de tout cœur le Bloc Québécois et le NPD dans cet appel conjoint pour la justice, et nous unissons nos voix à celles de nos députés. Nous maintiendrons nos efforts conjoints pour que les Cinq obtiennent justice et pour faire connaître leur cas au Québec et au Canada.
Nous réclamons justice pour les Cinq et leurs familles !
Les auteurs sont fondatrice et fondateur du Comité de solidarité de l’Estrie.
Par Ginette Moreau et Frédéric Caussan
