La grève étudiante a fait couler beaucoup d’encre dans les médias depuis son déclenchement. Il est important de bien, connaître la situation pour juger de la pertinence de l’action des étudiant-e-s.
D’abord, un bref rappel de leurs revendications. Trois avaient été jugées prioritaires 1- La gratuité scolaire au collégial, 2- Le maintien du gel des frais de scolarité universitaires, 3- Une refonte en profondeur du régime de prêts et bourses. Le plan d’action, quant à lui, consistait à établir un rapport de force avec le gouvernement pour négocier avec lui. Rapport de force ? Il fallait bien sûr un nombre imposant d’institutions scolaires en grève générale illimitée.
Dans un premier temps, les étudiant-e-s du Collège de Sherbrooke s’étaient prononcés contre la grève, mais devant l’ampleur du mouvement de grève générale illimitée, au niveau national, ils et elles sont revenus sur leur décision.
Dissidence
Ce fut une grève bien controversée, puisqu’un groupe de dissidents et dissidentes tentent dès le premier jour de traverser les lignes de piquetage avec l’aide de la police. Cette opération échoue et se solde par l’arrestation injustifiée d’un gréviste et par des coups de matraques. Il est à souligner que l’Association Étudiante du Collège de Sherbrooke condamne cette intervention policière brutale et aussi l’attitude de l’administration qui aurait pu empêcher cet affrontement.
Des gains
Quels sont les gains obtenus par les 25 associations étudiantes’ en grève ? D’abord, le gel des frais de scolarité à l’université jusqu’en 1989; ensuite, le gel des frais afférents (frais de matériel) à 100 $ indexable ,au coût de la vie. Puis la promesse du gouvernement de ne pas toucher la loi, des Collèges qui garantit la gratuité scolaire. Finalement, une table de négociation a été formée, réunissant le gouvernement et des représentant-e-s étudiants, sur les prêts et bourses. Il reste un point en litige; les frais de scolarité pour les cours d’été au Collégial seront-ils abolis ? Le gouvernement les considère comme des frais afférents, les étudiants et étudiantes eux les considèrent comme des frais de scolarité. Un avis juridique considère que le,
Dans le but de rétablir le calme, l’administration suspend les activités du Collège; des lignes de piquetage symboliques sont cependant maintenues tout au long de la grève.
Pendant le débrayage, une première assemblée générale maintient le mot d’ordre de grève malgré des gains importants. Mais, en tenant compte des positions d’une réunion nationale tenue le 1er novembre, une deuxième assemblée vote la trève de la grève et mandate le Conseil Général de l’AECS pour appliquer des moyens de pression sporadiques tels que : manifestations et occupations de bureaux gouvernementaux. On adopte aussi un principe de grève générale illimitée pour janvier si les négociations avec le gouvernement ne sont pas satisfaisantes.
Le gouvernement a contourné la loi et il est possible que l’Association Nationale des Étudiants et Étudiantes de Québec (ANEEQ) intente une poursuite au gouvernement.
Il est donc clair que la grève étudiante, malgré les sceptiques, a apporté des gains importants à la population étudiante. On ne peut nier que la vieille tactique du rapport de force imposant a porté fruit. Le gouvernement a reculé. Maintiendra-t-il sa position ? On pourra en juger en janvier, lorsqu’en congrès l’ANEEQ fera le bilan des négociations qui se tiendront jusqu’à la mi-décembre.
Laurence Johnson
Association Étudiante du Collège de Sherbrooke




