Comité sur la sécurité nautique et la qualité de vie sur les lacs et cours d’eau du Québec : le rapport tombera-t-il à l’eau ?

10 juillet 1999

Chaque été, les médias traitent abondamment de sécurité nautique et de qualité de vie sur les cours d’eau du Québec et chaque été, malgré toutes ces campagnes de prévention, on déplore encore trop d’accidents sur nos rivières et nos lacs. De plus, un nombre de plus en plus grand d’embarcations avec moteur à essence sillonnent nos cours d’eau. Nous n’avons qu’à penser aux motos marines qui, bien qu’elles fassent beaucoup de mécontents (surtout à cause du bruit et de la vitesse excessive de ses utilisateurs) et qu’elles aient eu mauvaise presse l’été dernier (qu’on se souvienne de l’accident qui avait tué de jeunes enfants et qui avait été provoqué par l’utilisateur d’un tel engin) gagnent en popularité et font de plus en plus d’adeptes.

Dans ces conditions, com­ment faire pour améliorer la qualité de vie sur nos cours d’eau ? Car il ne s’agit pas seulement d’assurer la sécu­rité des plaisanciers mais aussi celle de notre environ­nement. La santé de nos ré­serves d’eau potable est de plus en plus menacée et il s’agit là d’un enjeu majeur. Ce sont sur ces questions que les membres du Comité sur la sécurité nautique et la qualité de vie sur les lacs et cours d’eau du Québec se sont penchés au cours des derniers mois.

À la fin du mois de juin, le comité présidé par le député Claude Boucher, a déposé son rapport final. Bien que le député de Johnson soit déterminé à en faire appli­quer les recommandations le plus tôt possible, il aura à accomplir de nombreux ef­forts afin que ce fameux rapport ne se retrouve pas sur les tablettes.

Affaires, plaisir, mais…

L’une des principales re­commandations de ce rap­port vise à interdire la cir­culation d’embarcations à moteur sur les lacs d’une superficie de moins de 4 kilomètres carrés et qui ser­vent aussi de réservoir d’eau potable. En fait, c’est une mesure pleine de bon sens et qui vise à protéger tout à la fois l’environnement et notre sécurité sur les petites étendues d’ eau. Malheureu­sement, ces petites éten­dues d’eau sont déjà visitées régulièrement par les embar­cations à moteur.

Même si, comme exemple, monsieur Boucher a réussi avec l’aide de riverains à faire interdire l’utilisation de moteurs à essence sur le lac Montjoie, réservoir d’eau potable de la ville de Bromptonville, il y a fort à parier que la partie ne sera pas aussi facilement gagnée partout au Québec.

Il n’est pas évident que des riverains qui ont déjà une embarcation à moteur ac­cepteront de se départir de cette dernière pour suivre les recommandations du comité. Pour certains, il s’agit d’un droit acquis qu’aucune loi ne peut ren­verser. Pas plus d’ailleurs qu’une entreprise comme bombardier, qui voyant s’ef­friter un marché très lucra­tif, s’inclinera de bonne grâce face à une éventuelle réglementation en ce sens.

Une telle réglementation signifie également qu’il fau­dra peut-être, du moins du­rant un certain temps, aug­menter les effectifs de ma­nière à assurer son applica­tion. Il n’est pas certain que le gouvernement voudra se lancer dans de telles dépen­ses. Il est pourtant néces­saire d’augmenter la surveil­lance sur les plans d’eau, le temps que les nouveaux règlements soient entrés dans les mœurs. Autre­ment, une telle réglementa­tion deviendra totalement inutile et sans effet.

Ça presse…

Bien qu’une réglementation soit nécessaire afin de res­treindre l’utilisation de ces embarcations à moteur sur nos cours d’eau, les mem­bres de ce comité, Claude Boucher en tête, auront fort à faire pour amener le gou­vernement du Québec à adopter de tels règlements. D’autant plus qu’il faudra harmoniser les lois provin­ciales et fédérales afin de bâtir une réglementation vraiment efficace. Ce qui n’est pas une mince affaire !

Claude Boucher semble vouloir faire preuve de dé­termination mais cela pren­dra sans aucun doute beau­coup de temps et de pa­tience avant de voir le tra­vail du comité qu’il préside, couronné de succès.