Chaque été, les médias traitent abondamment de sécurité nautique et de qualité de vie sur les cours d’eau du Québec et chaque été, malgré toutes ces campagnes de prévention, on déplore encore trop d’accidents sur nos rivières et nos lacs. De plus, un nombre de plus en plus grand d’embarcations avec moteur à essence sillonnent nos cours d’eau. Nous n’avons qu’à penser aux motos marines qui, bien qu’elles fassent beaucoup de mécontents (surtout à cause du bruit et de la vitesse excessive de ses utilisateurs) et qu’elles aient eu mauvaise presse l’été dernier (qu’on se souvienne de l’accident qui avait tué de jeunes enfants et qui avait été provoqué par l’utilisateur d’un tel engin) gagnent en popularité et font de plus en plus d’adeptes.
Dans ces conditions, comment faire pour améliorer la qualité de vie sur nos cours d’eau ? Car il ne s’agit pas seulement d’assurer la sécurité des plaisanciers mais aussi celle de notre environnement. La santé de nos réserves d’eau potable est de plus en plus menacée et il s’agit là d’un enjeu majeur. Ce sont sur ces questions que les membres du Comité sur la sécurité nautique et la qualité de vie sur les lacs et cours d’eau du Québec se sont penchés au cours des derniers mois.
À la fin du mois de juin, le comité présidé par le député Claude Boucher, a déposé son rapport final. Bien que le député de Johnson soit déterminé à en faire appliquer les recommandations le plus tôt possible, il aura à accomplir de nombreux efforts afin que ce fameux rapport ne se retrouve pas sur les tablettes.
Affaires, plaisir, mais…
L’une des principales recommandations de ce rapport vise à interdire la circulation d’embarcations à moteur sur les lacs d’une superficie de moins de 4 kilomètres carrés et qui servent aussi de réservoir d’eau potable. En fait, c’est une mesure pleine de bon sens et qui vise à protéger tout à la fois l’environnement et notre sécurité sur les petites étendues d’ eau. Malheureusement, ces petites étendues d’eau sont déjà visitées régulièrement par les embarcations à moteur.
Même si, comme exemple, monsieur Boucher a réussi avec l’aide de riverains à faire interdire l’utilisation de moteurs à essence sur le lac Montjoie, réservoir d’eau potable de la ville de Bromptonville, il y a fort à parier que la partie ne sera pas aussi facilement gagnée partout au Québec.
Il n’est pas évident que des riverains qui ont déjà une embarcation à moteur accepteront de se départir de cette dernière pour suivre les recommandations du comité. Pour certains, il s’agit d’un droit acquis qu’aucune loi ne peut renverser. Pas plus d’ailleurs qu’une entreprise comme bombardier, qui voyant s’effriter un marché très lucratif, s’inclinera de bonne grâce face à une éventuelle réglementation en ce sens.
Une telle réglementation signifie également qu’il faudra peut-être, du moins durant un certain temps, augmenter les effectifs de manière à assurer son application. Il n’est pas certain que le gouvernement voudra se lancer dans de telles dépenses. Il est pourtant nécessaire d’augmenter la surveillance sur les plans d’eau, le temps que les nouveaux règlements soient entrés dans les mœurs. Autrement, une telle réglementation deviendra totalement inutile et sans effet.
Ça presse…
Bien qu’une réglementation soit nécessaire afin de restreindre l’utilisation de ces embarcations à moteur sur nos cours d’eau, les membres de ce comité, Claude Boucher en tête, auront fort à faire pour amener le gouvernement du Québec à adopter de tels règlements. D’autant plus qu’il faudra harmoniser les lois provinciales et fédérales afin de bâtir une réglementation vraiment efficace. Ce qui n’est pas une mince affaire !
Claude Boucher semble vouloir faire preuve de détermination mais cela prendra sans aucun doute beaucoup de temps et de patience avant de voir le travail du comité qu’il préside, couronné de succès.
