L’esclavage moderne

 

Solidarité populaire Estrie (SPE) veut sensibiliser les institutions publiques, parapubliques et la population concernant les produits que nous achetons. Le marché du vêtement est inondé par des produits qui sont faits dans des conditions de travail misérables. Des millions de personnes, qui confectionnent ces vêtements partout à travers le monde, sort victimes de telles conditions.

Selon la Coalition québécoise contre les ateliers de misère, plusieurs pays comme le Mexique, la Chine et l’Inde ont des usines de vêtements et autres produits. Dans celles-d, les con­ditions de travail sont carré­ment inhumaines : la cadence de production insoutenable, les conditions de santé et de sécurité dangereuses, les heures supplémentaires excessives et obligatoires, les salaires pitoya­bles, les syndicats inexistants et combattus par les patrons, les abus, discriminations et harcè­lements fréquents. Générale­ment, la main-d’œuvre est constituée de femmes et d’en­fants en situation de pauvreté.

Plusieurs milliers de femmes, en majorité des immigrantes, tra­vaillent à domicile et doivent fournir, à leur frais, leur ma­chine à coudre… Pour remplir leurs quotas, elles doivent tra­vailler de nombreuses heures pour un salaire minable bien en dessous du salaire minimum, sans sécurité d’emploi et avan­tages sociaux.

Accords discutables

Le domaine du textile et du vêtement représente 7 % du commerce mondial, avec une main-d’œuvre de 27 millions de personnes. On peut comprendre leur situation de misère quand on tient compte des effets de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui a créé, de 1995 à 2005, une lente déréglementation de ce secteur. En janvier 2005, l’Ac­cord multi-fibre (AMF) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a enlevé les quotas d’importation. Les in­dustries canadiennes et états-uniennes ferment alors et se délocalisent. Les pays d’Amé­rique latine se font compéti­tion. De plus, de 1992 à 2002, l’importation chinoise de vête­ments a augmenté de 7 % à 22 %. De 2002 à 2005, la main-d’œuvre québécoise dans les secteurs du textile a été réduite de 33 %. Ces industries de misère se propagent.

Y mettre fin

SPE, en lien avec la Coalition québécoise contre les ateliers de misère, interpelle les insti­tutions publiques et para­publiques en Estrie pour sou­lever l’existence du phénomène des industries de misère et inviter les acteurs régionaux à agir. SPE vise à faire adopter des politiques d’achat respon­sable ou codes de conduite res­ponsable par ces institutions qui achètent des vêtements et autres produits en grande quantité, car nous nous oppo­sons à cet esclavage moderne.

 

 

 

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