Leur nouvelle vie
Une majorité des personnes immigrantes s’installent dans le quartier Centre Sud-Ouest pour des raisons pratiques : le coût de la vie est moins élevé, le déplacement est plus facile et les services ont pignon sur rue dans le secteur.
La presque totalité des réfugiés vivent en logement, car le quartier offre beaucoup de HLM et de logements subventionnés, ce qui expliquerait en partie le grand nombre d’ex-Yougoslaves installés dans le coin. Comme nous le mentionne M. Shérif N’Doye, président de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie : « L’avantage d’habiter dans le même quartier quand tu es réfugié et que tu arrives dans une ville nouvelle (tu ne connais personne)… ça donne plus confiance. Un, deux ou trois ans après, il y en a qui déménagent et qui continuent dans leur voie. Tu vas vers les gens qui te ressemblent parce que tu te sens plus en sécurité. Quand il y a des problèmes ce sont eux qui t’aident. » Les gens se regroupent pour diminuer chez eux l’anxiété causée par la migration et pour être avec les leurs, qui ont vécu les mêmes obstacles qu’eux à leur arrivée. C’est plus sécurisant face à l’inconnu. Peu à après leur installation, ces gens se reconstruisent un autre réseau social, d’amis et de connaissances. Ici, à Sherbrooke, il existe plusieurs communautés, et ces dernières font beaucoup pour leur membres.
De la sécurité du revenu à l’emploi
Dès les pieds posés en terre québécoise, les réfugiés deviennent bénéficiaires de la sécurité du revenu. Monsieur N’Doye nous explique : « Les réfugiés proviennent de pays en guerre; ils fuient leur pays. Ils n’ont pas le temps de se préparer qu’ils sont déjà arrivés ici. Puis ça leur prend du temps pour s’adapter. De toute façon, ce sont des allophones (ne connaissant aucune des deux langues officielles) il faut qu’ils apprennent le français. Pendant ce temps, ils sont sur le bien-être social. » Après une certaine période d’adaptation, ils commencent à se trouver des emplois. « C’est très diversifié, il y en a qui travaillent dans des usines, d’autres, dans des restaurants et enfin d’autres qui se placent comme ingénieurs » mentionne Danielle Robert. Ainsi, poursuit Monsieur N’Doye : « Même que celui qui a dessiné les plans pour le nouveau terminus d’autobus urbain au Centre-ville est un Serbe et j’ajouterais que dans cinq à dix ans, les Afghans vont commencer à ouvrir leurs propres commerces parce qu’ils sont doués là-dedans; ce sont des gens qui travaillent dur. » Cependant, le problème se pose différemment pour un professionnel venant de l’étranger, vu qu’il doit maîtriser les termes techniques en français. Mais les immigrantes et immigrants ne sont pas tous des réfugiés.
Ceux qui appartiennent à la catégorie des indépendants ont moins de difficultés puisqu’ils se préparent à immigrer en apprenant sur leur pays d’accueil. Souvent, ils maîtrisent la langue. Ils viennent poursuivre leurs études au Québec ou bien s’ installent suivant leurs compétences professionnelles. Par exemple, l’Université de Sherbrooke compte beaucoup de personnes d’autres cultures parmi son personnel enseignant et ses étudiants.




