COMMENT VIVENT-ILS ?

12 septembre 1998

Leur nouvelle vie

Une majorité des personnes immigrantes s’instal­lent dans le quartier Centre Sud-Ouest pour des raisons pratiques : le coût de la vie est moins élevé, le déplacement est plus facile et les services ont pi­gnon sur rue dans le secteur.

La presque totalité des réfu­giés vivent en logement, car le quartier offre beaucoup de HLM et de logements sub­ventionnés, ce qui explique­rait en partie le grand nom­bre d’ex-Yougoslaves instal­lés dans le coin. Comme nous le mentionne M. Shérif N’Doye, président de la Fé­dération des communautés culturelles de l’Estrie : « L’a­vantage d’habiter dans le même quartier quand tu es réfugié et que tu arrives dans une ville nouvelle (tu ne connais personne)… ça don­ne plus confiance. Un, deux ou trois ans après, il y en a qui déménagent et qui con­tinuent dans leur voie. Tu vas vers les gens qui te res­semblent parce que tu te sens plus en sécurité. Quand il y a des problèmes ce sont eux qui t’aident. » Les gens se regroupent pour diminuer chez eux l’anxiété causée par la migration et pour être avec les leurs, qui ont vécu les mêmes obstacles qu’eux à leur arrivée. C’est plus sé­curisant face à l’inconnu. Peu à après leur installation, ces gens se reconstruisent un autre réseau social, d’amis et de connaissances. Ici, à Sherbrooke, il existe plu­sieurs communautés, et ces dernières font beaucoup pour leur membres.

De la sécurité du revenu à l’emploi

Dès les pieds posés en terre québécoise, les réfugiés de­viennent bénéficiaires de la sécurité du revenu. Mon­sieur N’Doye nous explique : « Les réfugiés provien­nent de pays en guerre; ils fuient leur pays. Ils n’ont pas le temps de se préparer qu’ils sont déjà arrivés ici. Puis ça leur prend du temps pour s’adapter. De toute façon, ce sont des allophones (ne connaissant aucune des deux langues officielles) il faut qu’ils apprennent le français. Pendant ce temps, ils sont sur le bien-être social. » Après une certaine période d’adaptation, ils commencent à se trouver des emplois. « C’est très di­versifié, il y en a qui tra­vaillent dans des usines, d’autres, dans des restau­rants et enfin d’autres qui se placent comme ingénieurs » mentionne Danielle Robert. Ainsi, poursuit Monsieur N’Doye : « Même que celui qui a dessiné les plans pour le nouveau terminus d’auto­bus urbain au Centre-ville est un Serbe et j’ajouterais que dans cinq à dix ans, les Afghans vont commencer à ouvrir leurs propres com­merces parce qu’ils sont doués là-dedans; ce sont des gens qui travaillent dur. » Cependant, le problème se pose différemment pour un professionnel venant de l’é­tranger, vu qu’il doit maîtri­ser les termes techniques en français. Mais les immigran­tes et immigrants ne sont pas tous des réfugiés.

Ceux qui appartiennent à la catégorie des indépendants ont moins de difficultés puisqu’ils se préparent à immigrer en apprenant sur leur pays d’accueil. Sou­vent, ils maîtrisent la lan­gue. Ils viennent poursuivre leurs études au Québec ou bien s’ installent suivant leurs compétences professionnel­les. Par exemple, l’Univer­sité de Sherbrooke compte beaucoup de personnes d’au­tres cultures parmi son per­sonnel enseignant et ses étudiants.

 

 

 

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