Depuis 1972, trois journaux communautaires francophones ont vu le jour dans la région de Sherbrooke. Aucun d’entre eux n’a survécu jusqu’à aujourd’hui. Manque d’argent, gestion administrative inadéquate, orientations pas assez claires, distribution boiteuse, structure de fonctionnement trop lourde, voilà quelques-uns des éléments qui ont amené l’un ou l’autre de ces médias écrits à cesser de paraître. Un bilan s’imposait…
CONTACT
Ce mensuel (bi-mensuel durant ses derniers mois d’existence) de format tabloïd, imprimé à 25 000 exemplaires et distribué à travers le tout Sherbrooke, a été publié pendant plus de deux ans et demi.
Les objectifs principaux du journal Contact furent
…de fournir, dans un langage accessible, une information reflétant les besoins et problèmes de l’ensemble des citoyens-citoyennes de Sherbrooke
…d’être l’instrument d’expression des groupes populaires, syndicaux, coopératifs et des comités de citoyens
…de surveiller les différents paliers de pouvoir et présenter les alternatives du milieu.
Fonctionnant sur les principes d’une coopérative, Contact a eu, à ses meilleurs moments, quelque 300 membres dont une trentaine assuraient la production et la gestion de la publication.
Pendant ses derniers mois d’existence, Contact ne bénéficiait plus d’aucune subvention gouvernementale. Durant cette période, le journal était financé à 80 % par la publicité, les abonnements, les ventes en kiosque et l’aide financière de ses propres membres. Un manque à gagner correspondant à 20 % des coûts d’opération constituait le déficit.
Les difficultés financières, le manque de soutien du milieu, une gestion administrative inadéquate et une certaine confusion idéologique firent en sorte que le journal, né en 1972, cessa de paraître en juin 1975.
Une assemblée générale, formée de résidents et résidentes du quartier, d’individus ou organismes partageant les objectifs du journal, décidait des orientations majeures. Un collectif d’une dizaine de personnes assurait le fonctionnement quotidien de l’organisme et de la production du journal.
Les subventions (gouvernements, Ville de Sherbrooke, Centraide), la publicité et les abonnements assuraient le financement de La Voix Ferrée.
Les objectifs majeurs de ce journal furent d’informer les gens du centre-sud-ouest, d’encourager et de promouvoir la participation aux organismes du quartier et enfin, de servir de moyen d’expression pour les citoyens-citoyennes et les groupes populaires.
Le manque de cohésion idéologique, l’absence de politique d’information claire, le faible tirage, le peu de gens impliqués et une distribution boiteuse firent en sorte que La Voix Ferrée cessa de paraître en juin ’84. Les difficultés rencontrées étaient telles que l’équipe n’était plus en mesure de produire ce mensuel.
LA VOIX FERRÉE
Né de la volonté de l’Accents (groupe populaire du centre-sud de Sherbrooke) d’informer les gens sur les activités du quartier ainsi que sur les dossiers qui y sont menés, un bulletin interne voit le jour en février 1979. Progressivement, le comité de production se détache de son « créateur » et, en janvier ’80, le journal prend le nom de « La Voix Ferrée ». En septembre ’81, il obtient sa propre charte et devient un comité indépendant volant de ses propres ailes.
Ce journal communautaire (format 81/2 x 11 broché), dont le tirage oscillera entre 1 000 et 1 500 exemplaires, était distribué principalement dans ie quartier centre-sud à Sherbrooke. On pouvait aussi se le procurer dans certains points de distribution dans le vieux-nord et dans le bas du quartier ouest.
INTER-ORGANISME
Suite aux recommandations émises lors du colloque intitulé « L’action bénévole d’ici », et tenu en juin 1979, Centraide-Estrie donnait naissance à l’Inter-Organisme. Ce tabloïd, paraissant aux six semaines, a vécu seulement une année (d’avril ’80 à avril ’81).
Financé à 100 % par Centraide-Estrie et imprimé à 5 000 exemplaires, ce journal était distribué principalement par le biais des groupes populaires et dans certains points de distribution.
L’Inter-Organisme s’était donné certains objectifs dont les principaux peuvent se résumer à : favoriser l’échange d’information sur les activités propres à chaque groupe, sensibiliser les membres et la clientèle des organismes au travail que mènent les groupes, favoriser la collaboration et la concertation entre les groupes visés.
L’assemblée générale du journal était composée des délégué-es des groupes, la structure de fonctionnement très lourde et le réseau de distribution inefficace eurent raison des « meilleures volontés ».
Et l’avenir
Ce bilan, très sommaire, a été réalisé par un collectif de travail intéressé à « relancer » un journal communautaire à Sherbrooke. C’est à la lumière des conclusions tirées de cette recherche que nous nous sommes donné une orientation, des objectifs et un fonctionnement.
Nous espérons, dans les mois qui viennent et avec l’appui des milieux populaire et syndical, établir sur des bases solides ENTRÉE LIBRE…



