Une série de mauvaises décisions pour l’égalité des femmes
Trois mesures gouvernementales récemment adoptées ont radicalement transformé Condition féminine Canada (CFC). Nous croyons que sa capacité de faire progresser l’égalité des femmes au Canada est compromise. Le 25 septembre 2006, le budget de CFC était amputé de 5 millions de dollars, ce qui représente 40 % du budget de fonctionnement de CFC. Une semaine plus tard, son mandat était lui aussi transformé. A la suite de cela, à la fin novembre, la ministre Oda annonçait la fermeture de 12 des 16 bureaux de CFC à travers le Canada. Des coupures de cette ampleur débordent le cadre de simples coupures administratives.
Des réformes majeures ont modifié le mandat de PPF, les objectifs, le choix des organismes admissibles aux subventions et les activités qui n’obtiendront AUCUN financement. L’égalité des femmes, la justice sociale et la participation politique et juridique des femmes sont autant d’exemples du langage supprimé des modalités propres à CFC.
Les impacts au Québec et en Estrie
Les nouvelles règles excluent tout financement pour des activités visant à revendiquer des droits ou à tenter d’influencer les gouvernements par du lobbying. La plupart des recherches indépendantes ne seront plus subventionnées. Au Québec, il restera un seul bureau pour toute la province. Les services offerts par ces bureaux seront diminués.Une perte de financement est sérieusement à craindre pour les tables régionales des groupes de femmes des 17 régions du Québec puisqu’elles ont pour mission la défense des droits des femmes et l’atteinte de l’égalité et de l’équité hommes-femmes par le changement des structures institutionnelles. Les tables comptent 432 groupes membres et 241 individues. Ces regroupements existent depuis plus de 20 ans.
En Estrie, ConcertAction Femmes Estrie comme table régionale a bénéficié au cours des cinq dernières années d’un financement croissant de PPF allant de 10 % à près de 40 %. Quelques-uns de ses membres bénéficient aussi de ce support financier, notamment les groupes qui n’ont aucun financement de base.
Un déficit dans les régions et un recul grave de l’expertise développée risquent de se produire pour les nombreux organismes qui travaillaient avec divers milieux de gouvernante : santé et services sociaux, réseau scolaire, municipalités, MRC.
Nos demandes
Nous demandons au premier ministre du Canada, Stephen Harper de :
- Renverser ses décisions politiques sur les services de garde, l’équité salariale, le Programme de contestation judiciaire, Condition féminine Canada et le Programme de promotion de la femme ;
- Mettre en œuvre les recommandations du Comité sur la CEDEF en améliorant les conditions de vie et en reconnaissant les droits humains des femmes autochtones, en prenant des mesures efficaces pour corriger la violence faite aux femmes et la pauvreté des femmes, en bonifiant les prestations de maternité et parentales, en finançant l’aide juridique en matières civiles, en changeant les lois sur l’immigration pour respecter les droits des aides familiales résidantes et en garantissant une participation plus équitable des femmes dans. les institutions politiques.
Source : Comité ad hoc composé de Yolande Major, coordonnatrice intérimaire de CAFE, Anne-Marie Merrien et Émilie Breton, Réseau universitaire féministe, étudiantes, Pascale Camirand, présidente de la Société des femmes philosophes et doctorante en éthique féministe appliquée à l’Université de Sherbrooke



