Coupures à Condition féminine Canada

1 Décembre 2006
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Une série de mauvaises décisions pour l’égalité des femmes

Trois mesures gouvernementales récemment adoptées ont radicalement transformé Condition féminine Canada (CFC). Nous croyons que sa capacité de faire progresser l’égalité des femmes au Canada est compromise. Le 25 septembre 2006, le budget de CFC était amputé de 5 millions de dollars, ce qui représente 40 % du budget de fonctionnement de CFC. Une semaine plus tard, son mandat était lui aussi transformé. A la suite de cela, à la fin novembre, la ministre Oda annonçait la fermeture de 12 des 16 bureaux de CFC à travers le Canada. Des coupures de cette ampleur débordent le cadre de simples coupures administratives.

Des réformes majeures ont modifié le mandat de PPF, les objectifs, le choix des or­ganismes admissibles aux sub­ventions et les activités qui n’ob­tiendront AUCUN finance­ment. L’égalité des femmes, la justice sociale et la participation politique et juridique des fem­mes sont autant d’exemples du langage supprimé des moda­lités propres à CFC.

Les impacts au Québec et en Estrie

Les nouvelles règles excluent tout financement pour des activités visant à revendiquer des droits ou à tenter d’influencer les gouvernements par du lob­bying. La plupart des recher­ches indépendantes ne seront plus subventionnées. Au Qué­bec, il restera un seul bureau pour toute la province. Les ser­vices offerts par ces bureaux seront diminués.Une perte de financement est sérieusement à craindre pour les tables régio­nales des groupes de femmes des 17 régions du Québec puisqu’elles ont pour mission la défense des droits des femmes et l’atteinte de l’égalité et de l’équité hommes-femmes par le changement des structures institutionnelles. Les tables comptent 432 groupes mem­bres et 241 individues. Ces re­groupements existent depuis plus de 20 ans.

En Estrie, ConcertAction Femmes Estrie comme table régionale a bénéficié au cours des cinq dernières années d’un financement croissant de PPF allant de 10 % à près de 40 %. Quelques-uns de ses membres bénéficient aussi de ce support financier, notamment les groupes qui n’ont aucun fi­nancement de base.

Un déficit dans les régions et un recul grave de l’expertise développée risquent de se pro­duire pour les nombreux or­ganismes qui travaillaient avec divers milieux de gouvernante : santé et services sociaux, réseau scolaire, municipalités, MRC.

Nos demandes

Nous demandons au premier ministre du Canada, Stephen Harper de :

  • Renverser ses décisions po­litiques sur les services de garde, l’équité salariale, le Pro­gramme de contestation judi­ciaire, Condition féminine Canada et le Programme de promotion de la femme ;
  • Mettre en œuvre les recom­mandations du Comité sur la CEDEF en améliorant les conditions de vie et en recon­naissant les droits humains des femmes autochtones, en prenant des mesures efficaces pour corriger la violence faite aux femmes et la pauvreté des femmes, en bonifiant les pres­tations de maternité et paren­tales, en finançant l’aide juri­dique en matières civiles, en changeant les lois sur l’immigration pour respecter les droits des aides familiales ré­sidantes et en garantissant une participation plus équitable des femmes dans. les institutions politiques.

Source : Comité ad hoc composé de Yolande Major, coordonnatrice intérimaire de CAFE, Anne-Marie Merrien et Émilie Breton, Réseau universitaire féministe, étudiantes, Pascale Camirand, présidente de la Société des femmes philosophes et doctorante en éthique féministe appliquée à l’Université de Sherbrooke

 

 

 

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