Depuis plus de 25 ans, le Carrefour de solidarité internationale(CSI) réalise divers projets avec des pays du Sud
Au milieu des années I970, divers organismes œuvrant pour la solidarité internationale, la justice sociale et le développement durable décident de fonder une organisation commune qui pourrait soutenir des projets de développement dans les pays du Sud et sensibiliser les Estriens et Estriennes à la réalité et aux enjeux internationaux. Le Carrefour de solidarité internationale était né.
« On y retrouvait au départ des organismes de coopération tels que Rallye tiers-monde Estrie, Développement et Paix et Amnistie Internationale. Leur but était d’avoir une structure commune pour maximiser les impacts de leurs interventions et aussi bénéficier de services communs, d’où le nom de carrefour. Au fil des années, d’autres organismes se sont joints; aujourd’hui, on en retrouve 27 », d’expliquer le directeur général du CSI, Marco Labrie.
Des projets qui s’échelonnent sur plusieurs années
Au début des années I990, le CSI s’engage avec des partenaires sur des programmes de trois à cinq ans touchant différents volets. « Du même coup, on a limité le nombre de pays où l’on intervenait, soit le Mali, le Pérou, la République dominicaine, Haïti et le Nicaragua afin d’avoir un meilleur contrôle et un meilleur suivi. Cela ne nous empêche toutefois pas d’appuyer de petits projets ailleurs, comme ce fut le cas pour le Burkina Faso » de préciser M. Labrie.
C’est à cette même époque que se développent les premiers stages de groupe grâce à des ententes avec l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et d’autres organismes. D’une trentaine de stagiaires par année, le CSI en envoie aujourd’hui une centaine annuellement sous différentes formules : les stages organisés en collaboration avec le Collège de Sherbrooke et le Collège Champlain, et les stages supervisés entièrement par le CSI, réalisés dans le cadre du Programme Québec sans frontières du ministère des Relations internationales du Québec et le Programme Jeunes Stagiaires Internationaux de l’ACDI.
Un appui à des projets durables
Le CSI fait affaires uniquement avec des organismes non gouvernementaux (ONG) qui s’occupent de gérer les programmes. « L’avantage de fonctionner ainsi, c’est que ces gens connaissent bien la réalité de leur pays. Ils ont leur propres experts et le processus d’acceptation d’un projet suit un protocole très rigoureux et démocratique. Ces organismes travaillent avec des fédérations paysannes, des coopératives ou autres formes d’associations représentant les citoyens et les citoyennes », d’ajouter M. Labrie. « Les gens sont impliqués, ils sont formés aussi. Par exemple, on ne se contente pas de creuser des puits, on montre aux villageois comment le faire et surtout, comment entretenir le puits. Nous visons leur autonomie », de préciser Marco Labrie.
En Estrie, le CSI suit cette même ligne de pensée. « C’est un travail d’équipe car nous travaillons énormément avec les différentes ressources présentes en région, nos membres, mais aussi d’autres organisations. Par exemple, la République dominicaine et le Pérou ont adopté un guide sur la sexualité préparé par le Centre de santé des femmes de l’Estrie. On tente de créer différents partenariats, comme celui qu’on retrouve entre la municipalité de Saint-Camille et une fédération paysanne du Mali. Plus on sensibilisera de gens à cette cause, plus à leur tour ils en sensibiliseront d’autres… »
Les activités du CSI sont financées à cinquante pour cent par l’ACDI; l’autre cinquante pour cent par les stagiaires, des fondations privées, des subventions provinciales et grâce à la générosité de membres de la communauté estrienne qui, à leur façon, peuvent ainsi appuyer ces projets de développement.
Source : La Tribune, Cahier spécial sur le CSI, 12 novembre 2003 S3




