De l’isoloir aux services de santé… la marche est haute

1 mars 2002

Le projet Cat Woman

Le projet Cat Woman, initié par IRIS Estrie (Intervention Régionale et Informations sur le Sida) en 1995, vise la réduction de la transmission des MTS et du VIH/SIDA ainsi qu’à promouvoir la santé auprès des travailleuses du sexe de l’Estrie (danses à 10 $, escortes, prostitution de rue…), par une approche de travail de terrain à l’aide de stratégies de promotion de la santé et de réduction des méfaits.

Ces femmes vivent des situa­tions de marginalité, de ré­pression, de pauvreté pour la majorité d’entre elles et sont perçues comme des criminel­les, des vecteurs de transmis­sion des MTS et du Sida ainsi que des toxicomanes. Ce projet, qui rejoint plus d’une centaine de femmes différen­tes par année, a pour objectifs de :

  • favoriser l’accès aux condoms et à l’informa­tion;
  • diminuer les barrières face aux ressources de santé;
  • promouvoir les compé­tences personnelles et l’estime de soi;
  • amener d’autres orga­nismes à s’intéresser à la réalité de ces femmes.

La méconnaissance face à cette réalité dresse un obsta­cle à l’implication de même qu’à l’accompagnement de ces femmes par des interve­nantes et intervenants. Cette méconnaissance s’explique probablement par la crainte d’encourager l’exploitation du corps de la femme.

Briser le mur du silence

Suite à ce constat, nous avons développé un projet de dé­mystification des métiers du sexe auprès d’intervenantes et intervenants du réseau et par le fait même, permis aux travailleuses du sexe de bri­ser le mur du silence. Ce projet vise la prise en charge, la valorisation dans l’action et la réalisation de soi, puisque se sont des travail­leuses du sexe qui se sont impliquées. En ce sens, la démystification des métiers du sexe, plus spécifiquement la formation spécifique des intervenantes et intervenants des réseaux publics, fait partie intégrante des recom­mandations proposées par la Fédération des femmes du Québec lors de la tournée provinciale de madame Françoise David à l’automne dernier.

Suivre les traces…

Grâce à l’impact que le projet CatWoman a eu en Estrie et après son évaluation par des chercheurs de l’Université Laval à Québec à l’été 1999, d’autres organismes de la province ont décidé de suivre les traces du projet. Ainsi, une subvention a été accor­dée par le Centre Québécois de Coordination sur le Sida (CQCS), ce qui a permis d’élaborer le projet de transfert d’expertises CatWoman provincial. A ce jour, plu­sieurs intervenantes et inter­venants ont bénéficié de ce transfert d’expertises.

Toutefois, les métiers du sexe suscitent encore beaucoup de questionnement : qu’en est-il des conditions de travail des filles ? Comment est l’accueil des propriétaires ? Des filles elles-mêmes ? De votre pré­sence dans le milieu ? Etc, etc.

Ainsi, afin que ces femmes reprennent du pouvoir sur leur santé, leur vie et leur travail; ne soient plus consi­dérées comme des victimes; brisent leur silence; soient perçues comme des tra­vailleuses en quête de survie; se reconnaissent comme fem­mes… Agissons ensemble et restons solidaires à la cause des femmes !

Chantal Morin, Responsable de la prévention et de l’éducation
Projet Cat Woman

Pour information :
I.R.S. Estrie
505, rue Wellington Sud
Sherbrooke JIN 5E2
Téléphone : (819) 823-6704,
Fax : (819) 823-5537

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