Le nouveau plan d’urbanisation
Nous apprenions dans le quotidien La Tribune du 1,9 septembre dernier, la formation de la Coalition Sherbrooke milieu de vie qui compte mener une bataille contre l’adoption du nouveau plan d’urbanisme prévue le 2 octobre prochain, par le conseil municipal de la Ville de Sherbrooke. Ce nouveau plan d’urbanisme a été présenté à la population sherbrookoise en juin dernier et un résumé a été largement distribué dans les foyers. Des oppositions s’étaient élevées et devant le nombre imposant de commentaires de la part de citoyens et citoyennes, l’administration municipale avait cm bon de retarder son adoption. Les porte-parole de cette nouvelle coalition, dont monsieur Thierry Nootens, reprennent les arguments que ce dernier avait soulevés dans une lettre d’opinion intitulée « Un plan d’urbanisme à l’encontre du bon sens » parue dans La Tribune du 28 juin 2006.
Des boulevards, toujours des boulevards
Monsieur Nootens s’en prend à la section du plan où il est question des axes de développement de la municipalité pour les dix prochaines années. Il insiste sur le fait que le plan a comme objectif un développement vert et harmonieux pour la population mais que son application future semble se traduire par un développement et un prolongement de boulevards. Il s’oppose principalement à l’étalement urbain engendré par la construction récente d’un Wal-Mart sur le plateau Saint-Joseph et qui nécessiterait sous peu, le prolongement du boulevard Lionel-Groulx. Selon lui, les conséquences d’un tel développement étaient déjà connues : déplacement des activités commerciales en périphérie, entrave au développement de commerces aux dimensions, plus humaines et multiplication des trajets en auto, d’où le modelage de la ville par ce mode de transport.
Il est facile de se rendre compte des effets causés par rétablissement de ce « plus grand mégacentre hors Montréal » : nombre important de locaux toujours fermés au centre-ville, établissements ou déménagements de plusieurs commerces en périphérie (MoMo Sport, Canadian Tire, etc.) et un achalandage automobile accru dans ce secteur commercial. Pourtant, dans le discours de la Ville, il est de plus en plus question de développement durable, ce qui signifie fournir ou maintenir des commerces dans les arrondissements, participer à la réduction des gaz à effet de serre et à la revitalisation des quartiers. Mais dans les faits, qu’en est-il ?
Un défi environnemental… et démocratique
Du 19 au 23 juin dernier, le troisième Forum urbain mondial (Fum) s’est tenu à Vancouver. Ce forum organisé par ONU-Habitat avait pour thème la durabilité urbaine. Les participants ont dénoncé l’étalement urbain grugeant les terres arables d’une grande importance et accentuant la dépendance personnelle à l’automobile. Tous ont insisté sur un aménagement urbain plus compact – appelé « densification urbaine » – Ils ont rappelé que la terre est une ressource précieuse et qu’il faut s’en servir en conséquence. (Source Canada, Regards sur le monde, no 30. été 2006)
Le journal communautaire Entrée Libre est donc heureux de constater qu’une coalition prenne forme et interpelle nos personnes élues sur la responsabilisation de la Ville de Sherbrooke concernant le développement durable. Recueillir des taxes à court terme, c’est bien ; mais favoriser une qualité de vie pour l’ensemble d’une population à moyen terme, c’est mieux. Ce qui comprend, entre autres, des salaires décents et un plus grand souci du patrimoine historique de la municipalité. Récemment, nous avons vu la coalition SOS Parc Orford occuper la scène provinciale. Verrons-nous cette coalition sherbrookoise occuper la scène municipale ? Si ça devait être le cas, la démocratie participative ne s’en porterait que mieux à Sherbrooke. Vous pouvez rejoindre les dirigeants de la coalition par courriel.



