Crédit image : Jérémie Roberge

Mali : Sécurité alimentaire, commerce équitable, alphabétisation, gouvernance : renforcement des structures et des compétences avec la collaboration de l’Association Kilabo

Un stagiaire nous raconte

C’était le 1er février 2007. Dans l’hiver retardataire, un groupe, composé de neuf stagiaires étudiants de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et d’une accompagnatrice, quitte le Québec pour effectuer un stage de 90 jours au Mali. Ce stage nous a été offert dans le cadre d’un partenariat entre notre département, le Carrefour de solidarité internationale et l’Association Kilabo, notre partenaire malien.

Fondée en 1984, Kilabo travaille au développement du monde rural. L’organisation non gouvernementale le fait par des actions et des formations sur la bonne gouvernance, l’éducation, les activités génératrices de revenus, etc. Elle aide les populations à prendre en main le développement de leurs villages et de leurs communes respectives (division administrative du territoire malien).

Comment s’exprime le développement local

Les expériences de coopération internationale offertes aux jeunes Canadiens sont vastes et diversifiées. L’expérience interculturelle et humaine s’est, dans notre cas, insérée dans la réalisation de notre cursus universitaire. Afin de mieux vivre cette expérience, nous avons bénéficié de formations sur le travail à l’étranger et sur les réalités interculturelles. Pour plusieurs, la coopération internationale est souvent associée à l’aide humanitaire. Cependant, notre stage a consisté en l’étude de l’articulation du développement local auprès de la population malienne.

Juste avant le départ, nous étions fin prêts à vivre notre expérience, à la fois individuellement et collectivement. Mais comme chaque expérience est unique, nous ne savions pas réellement dans quoi nous allions nous embarquer et, surtout, nous ne connaissions pas encore la beauté de ce que nous allions vivre.

Le premier volet de notre mandat visait l’analyse des organisations non gouvernementales de la société civile malienne et des institutions de la République. S’effectuant à Bamako, cette analyse a mené à des recommandations pour l’Association Kilabo, ce qui pourra lui ouvrir plusieurs possibilités sur l’utilisation de son expertise en développement local auprès des populations du monde rural afin d’influencer les politiques nationales. Autrement dit, il s’agissait de comprendre comment Kilabo pouvait participer au processus d’élaboration des lois maliennes pour qu’elles soient mieux adaptées aux réalités quotidiennes des populations des zones rurales.

Le deuxième volet de notre travail sur le terrain visait l’analyse des interactions entre les acteurs civils et étatiques au sein d’une commune. En travaillant avec les populations en brousse, nous avons posé un diagnostic sur l’appropriation et l’utilisation des structures démocratiques en place au sein des communes depuis l’application de la Loi sur la décentralisation dans les années 1990. Nous avons aussi observé le niveau de connaissance qu’ont les populations de leur système politique. En outre, il s’agissait de travailler à mettre en place différents moyens pour augmenter la participation citoyenne aux processus de développement communaux de l’État.

Le partage culturel

Les acquis de ce stage sont nombreux. Si nous avons quitté notre zone de confort les papillons au ventre, excité par l’inconnu, l’Afrique, ses mystères, sa culture et ses traditions, il nous a été donné la chance de vivre une expérience interculturelle, mais également professionnelle et humaine. Il n’y a pas de mots pour décrire l’intensité des sentiments et des émotions reliés au partage entre la culture malienne et la culture québécoise. La concrétisation de notre mandat nous aura permis d’acquérir un maximum d’expérience.

Par exemple, dans l’un des villages fréquentés, nous avons payé des cours d’alphabétisation de quatre mois à une association de femmes. Les femmes de ce village ont donc pu apprendre à lire et écrire. Quant à l’expérience humaine, elle s’est vécue par la connaissance de soi. Certains affirment que les voyages transforment. C’est discutable. Il m’apparaît maintenant que ce n’est pas une transformation qui se lit sur le visage des stagiaires. Ils reviennent plutôt grandis, prêts à poser un regard nouveau sur leur participation à la construction d’un monde en pleine effervescence.

 

 

 

 

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