DES ÉLECTIONS SANS GRANDE SURPRISE…

21 novembre 1998

Élections municipales à Sherbrooke

Dimanche le 1er novembre dernier, pour une deuxième fois en peu de temps, les Sherbrookois se sont rendus aux urnes afin d’élire celui qui dirigera la ville pour les quatre prochaines années. Et c’est sans véritable surprise que Jean Perreault a été réélu avec une écrasante majorité d’environ 10 000 voix.

Que dire de cette campagne électorale qui a précédé cet­te élection sinon qu’elle était plutôt morne et qu’en plus, elle laissait présager peu de changement à la mairie. Alors que la candidature de Jacques Jubinville, conseil­ler et président de la CMTS, aurait dû susciter un débat d’idées (c’est d’ailleurs ce qu’il avait lui-même an­noncé) qui aurait intéressé les électeurs, il n’en fut rien. C’est peut-être parce que le candidat à la mairie n’a su utilisé qu’une stratégie dont les électeurs sont de moins de moins friands : discréditer son adversaire plutôt que de miser sur son plan d’ac­tion pour les quatre prochai­nes années. Il s’agit peut-être là d’une leçon pour tous ceux qui rêvent de faire de la politique un jour. Les électrices et électeurs en ont assez des scènes de ménages des politiciens actuels et veulent de vrais débats d’idées. Durant toute cette campagne, plusieurs ci­toyens ont sûrement entendu au moins une fois quelqu’un de leur entourage critiquer cette façon de faire de mon­sieur Jubinville.

D’autre part, nous avons vu très peu d’idées nouvelles surgir durant cette campa­gne. En fait, les deux prin­cipaux candidats de cette campagne avaient sensible­ment la même vision des choses : gel ou baisse de taxes, réduction de la dette de la ville et création d’emploi. Comment ? Per­sonne ne le sait puisque les candidats ont oublié de nous faire part de leurs stratégies respectives. Seul vent de fraîcheur dans cette campa­gne : Hubert Richard, un jeune assisté social qui, malgré ses idées quelques fois farfelues, avait envie de redonner le droit de parole à ceux et celles qui ne l’ont pas habituellement. Il a ob­tenu environ 1 % des voix.

Des changements au conseil municipal

Sherbrooke serait-elle une ville avant-gardiste ? Ainsi, au conseil municipal, bien que des vieux routiers com­me Serge Paquin, Laurier Custeau, Bernard Tanguay ou Jean-François Rouleau soient demeurés en place, on note un changement de taille : pour la première fois de l’histoire de la ville la moitié des conseillers (nous devrions peu-être dire con­seillères) sont des femmes. Sauront-elles apporter une vision différente de ce que devrait être la ville de Sherbrooke pour eux ? Il est encore trop tôt pour le dire mais cette élection a cepen­dant démontré une chose : les femmes ont maintenant leur place en politique; il s’agit qu’elles la prennent. Dans tous les districts où des femmes se sont présen­tées, des femmes ont été élues. Ces messieurs n’ont désormais qu’à bien se te­nir ! Mais peu importe sa composition, un grand défi attend le nouveau conseil municipal.

Un défi de taille

C’est donc Jean Perrault qui a été réélu maire de Sher­brooke jusqu’en 2002. Son plan d’action gel des taxes pour les quatre ans à venir et réduction de la dette de la ville. Ainsi, monsieur Per­rault et son conseil municipal s’engagent dans une avenue très difficile avec ces deux objectifs parfois contradictoires, les taxes municipales constituant une source de revenus intéres­sante pour quiconque veut se lancer dans un exercice de réduction de la dette. Comment ira-ton chercher les argents qui serviront à la rembourser ? Rien n’a en­core été précisé à ce sujet.

Il y a fort à parier que l’alternative de couper cer­tains services sera mise sur la table et étudiée avec attention par nos élues et élus. La tentation sera sû­rement très forte également de rendre, certaines régle­mentations plus souples pour attirer des investisse­ments, entre autres la régle­mentation qui vise à proté­ger notre environnement et qui est plus sévère que dans bien des municipalités du Québec. La population de­vra donc rester vigilante, suivre avec attention les ac­tions du maire et du conseil municipal, et faire entendre son point de vue, afin que le discours économique n’en­trave pas la qualité de vie des Sherbrookois.

Le devoir de citoyen…Trois fois plutôt qu’une

On dit souvent que voter est le devoir de chaque citoyen. Cet automne, les Sherbrookois mériteraient bien une men­tion d’élèves modèles. C’est par trois fois, en deux mois, que nous devrons nous rendre aux urnes : d’abord une élection partielle fédérale en remplacement de jean Charest comme député, puis au municipal, pour réélire jean Perreault à la mairie et finalement, le 30 novembre pro­chain au provincial, pour choisir notre député. Encore une élection, dites-vous ?

Ne vous en faites pas, le temps des affiches et des campa­gnes sans saveur sera bientôt révolu… Pour quelques an­nées du moins. Sauf si le maire Perreault décidait de faire un saut en politique provinciale à son tour…

 

 

 

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