Élections municipales à Sherbrooke
Dimanche le 1er novembre dernier, pour une deuxième fois en peu de temps, les Sherbrookois se sont rendus aux urnes afin d’élire celui qui dirigera la ville pour les quatre prochaines années. Et c’est sans véritable surprise que Jean Perreault a été réélu avec une écrasante majorité d’environ 10 000 voix.
Que dire de cette campagne électorale qui a précédé cette élection sinon qu’elle était plutôt morne et qu’en plus, elle laissait présager peu de changement à la mairie. Alors que la candidature de Jacques Jubinville, conseiller et président de la CMTS, aurait dû susciter un débat d’idées (c’est d’ailleurs ce qu’il avait lui-même annoncé) qui aurait intéressé les électeurs, il n’en fut rien. C’est peut-être parce que le candidat à la mairie n’a su utilisé qu’une stratégie dont les électeurs sont de moins de moins friands : discréditer son adversaire plutôt que de miser sur son plan d’action pour les quatre prochaines années. Il s’agit peut-être là d’une leçon pour tous ceux qui rêvent de faire de la politique un jour. Les électrices et électeurs en ont assez des scènes de ménages des politiciens actuels et veulent de vrais débats d’idées. Durant toute cette campagne, plusieurs citoyens ont sûrement entendu au moins une fois quelqu’un de leur entourage critiquer cette façon de faire de monsieur Jubinville.
D’autre part, nous avons vu très peu d’idées nouvelles surgir durant cette campagne. En fait, les deux principaux candidats de cette campagne avaient sensiblement la même vision des choses : gel ou baisse de taxes, réduction de la dette de la ville et création d’emploi. Comment ? Personne ne le sait puisque les candidats ont oublié de nous faire part de leurs stratégies respectives. Seul vent de fraîcheur dans cette campagne : Hubert Richard, un jeune assisté social qui, malgré ses idées quelques fois farfelues, avait envie de redonner le droit de parole à ceux et celles qui ne l’ont pas habituellement. Il a obtenu environ 1 % des voix.
Des changements au conseil municipal
Sherbrooke serait-elle une ville avant-gardiste ? Ainsi, au conseil municipal, bien que des vieux routiers comme Serge Paquin, Laurier Custeau, Bernard Tanguay ou Jean-François Rouleau soient demeurés en place, on note un changement de taille : pour la première fois de l’histoire de la ville la moitié des conseillers (nous devrions peu-être dire conseillères) sont des femmes. Sauront-elles apporter une vision différente de ce que devrait être la ville de Sherbrooke pour eux ? Il est encore trop tôt pour le dire mais cette élection a cependant démontré une chose : les femmes ont maintenant leur place en politique; il s’agit qu’elles la prennent. Dans tous les districts où des femmes se sont présentées, des femmes ont été élues. Ces messieurs n’ont désormais qu’à bien se tenir ! Mais peu importe sa composition, un grand défi attend le nouveau conseil municipal.
Un défi de taille
C’est donc Jean Perrault qui a été réélu maire de Sherbrooke jusqu’en 2002. Son plan d’action gel des taxes pour les quatre ans à venir et réduction de la dette de la ville. Ainsi, monsieur Perrault et son conseil municipal s’engagent dans une avenue très difficile avec ces deux objectifs parfois contradictoires, les taxes municipales constituant une source de revenus intéressante pour quiconque veut se lancer dans un exercice de réduction de la dette. Comment ira-ton chercher les argents qui serviront à la rembourser ? Rien n’a encore été précisé à ce sujet.
Il y a fort à parier que l’alternative de couper certains services sera mise sur la table et étudiée avec attention par nos élues et élus. La tentation sera sûrement très forte également de rendre, certaines réglementations plus souples pour attirer des investissements, entre autres la réglementation qui vise à protéger notre environnement et qui est plus sévère que dans bien des municipalités du Québec. La population devra donc rester vigilante, suivre avec attention les actions du maire et du conseil municipal, et faire entendre son point de vue, afin que le discours économique n’entrave pas la qualité de vie des Sherbrookois.
Le devoir de citoyen…Trois fois plutôt qu’une
On dit souvent que voter est le devoir de chaque citoyen. Cet automne, les Sherbrookois mériteraient bien une mention d’élèves modèles. C’est par trois fois, en deux mois, que nous devrons nous rendre aux urnes : d’abord une élection partielle fédérale en remplacement de jean Charest comme député, puis au municipal, pour réélire jean Perreault à la mairie et finalement, le 30 novembre prochain au provincial, pour choisir notre député. Encore une élection, dites-vous ?
Ne vous en faites pas, le temps des affiches et des campagnes sans saveur sera bientôt révolu… Pour quelques années du moins. Sauf si le maire Perreault décidait de faire un saut en politique provinciale à son tour…



