Un mélange d’ici et d’ailleurs
Les personnes immigrantes apportent beaucoup au quartier Centre-Sud-Ouest. Nous pouvons faire le tour du monde en demeurant dans le même coin, en passant par l’Italie, la France et la Grèce; par des odeurs du Maroc et du Vietnam. Nous pouvons entendre des musiques, des sons, des accents étrangers…
Il y a des épiceries telles l’Épicerie d’Asie, qui offrent des produits exotiques que nous ne voyons pas sur les tablettes des supermarchés. Certaines, nous permettent même de goûter à des produits de fabrications artisanales, et d’autres font partie du paysage courant. Par exemple, Le Coin d’Italie est ouvert depuis 1981. Les premiers propriétaires étaient des Italiens. Les débuts furent lents, car ils durent se faire un nom. Mais qui aurait penser qu’à présent l’actuelle propriétaire, Maria Riana, est d’origine espagnole. Comme elle nous l’explique : « Il y a eu deux propriétaires italiens avant moi. J’ai commencé à travailler pour eux en 1983, et c’est avec eux que j’ai appris à faire les pâtes et les choses italiennes, parce que, voyez-vous, je ne suis pas italienne. Par contre, il y a plusieurs ressemblances, surtout du côté méditerranéen. Il y a beaucoup de mets et de traditions qui se ressemblent, tant pour l’Italie que pour l’Espagne. Mais les pâtes et tout ça, continua-t-elle avec son bel accent hispanique, ce sont eux qui m’ont montré comment les fabriquer. »
Quelques Français, Italiens et Espagnols viennent s’approvisionner, mais ceux qui en profitent le plus sont les Québécois, qui forment la clientèle majoritaire.
Bouffe et culture
Il ne faut, pas oublier les restaurants, qui font le bonheur des gens en leur servant des mets originaux. Comme exemple, les restaurants Village vietnamien, La Casbah, L’Île grecque, tous les trois situés dans l’arrondissement des rues Bali et Alexandre. Sans parler du célèbre Buffet des Nations, qui a lieu chaque année, organisé par le SANC, où la population sherbrookoise peut goûter aux plaisirs de la table tout en découvrant les cultures et plats de ces communautés.
De même, le côté artistique de ces personnes immigrantes est de plus en plus mis en valeur. Des écoles de danses étrangères ont vu le jour depuis quelques années; des festivals de musique internationale sont apparus aux sons de rythmes et d’ accords inconnus jusqu’ici. Ainsi, l’Association interculturelle de l’Estrie (AIDE) a lancé depuis peu un programme appelé : « Jumelage d’artistes d’ici et d’ailleurs », ayant pour but de présenter un spectacle annuel où l’alliage de notre culture à ces autres cultures se fait en empruntant aux arts, au chant, à la danse et à la musique.
Les personnes immigrantes font désormais partie du paysage de Sherbrooke, en particulier dans le quartier Centre Sud-Ouest. Les raisons qui motivent ces gens à quitter pays, familles et amis sont soit d’ordre économique ou soit pour des raisons d’ordre politique. La majorité d’entre eux finissent par se forger une place au sein de leur société d’accueil. Ces gens nous apportent énormément par leurs différences, sur le plan culturel et linguistique, mais également par leur courage et leur tenacité à vaincre les difficultés surgissant lors de la migration. Grâce à eux une petite partie du monde nous est plus familière…
- Sources :
Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration. Direction régionale de l’Estrie. Statistiques -Estrie. - BÉCHARD, Magali, consultante stagiaire,
- CHIASSON, Nicole, professeure. Concentration élevée d’ex-Yougoslaves dans un même voisinage : y a-t-il des effets ? Département de psychologie, Université de Sherbrooke.
- BIBEAU, Gilles et al. Santé mentale et ses visages : un Québec pluriethnique au quotidien. Éditions Gaétan Morin, 1992, 289 p.



