Des idées pour une nouvelle façon de faire

28 octobre 2000

Transport en commun de la région sherbrookoise

Avec la rentrée scolaire, le transport en commun de la région de Sherbrooke a repris le devant de la scène à cause du refus de la Corporation métropolitaine de transport Sherbrooke (CMTS) de reporter pour l’année en cours le tarif étudiant pour les étudiants et étudiantes âgés de plus de 21 ans. Loin de de­meurer insensible à cette injustice, le Comité des usagers du transport urbain de Sherbrooke (CUTS) garde plus que jamais le cap pour amener les usagers et usagères du transport en commun à un meilleur accès.

Rappelons brièvement qu’au mois de mai dernier, le con­seil d’administration de la CMTS décidait d’engager une firme pour évaluer le degré de satisfaction des usagers du transport et de recueillir les besoins spécifi­ques des clientèles. Deux représentants du CUTS ont participé à la consultation. Pour l’obtention d’une pre­mière opinion, des sondages ont été réalisés auprès des utilisateurs ainsi que des conducteurs d’autobus.

Premier principe

Dans ses recommandations, le Comité a introduit l’idée de nouvelles façons de faire pour la région. Ainsi, met-il de l’avant le principe du pollueur-payeur. Il suggère d’augmenter la contribution des automobilistes au trans­port en commun incluse dans les frais d’immatricu­lation, et ce, principalement pour les résidents en région urbaine. De plus, estime-t-il, le ministère de l’Envi­ronnement devrait participer au financement du transport en commun en soutien aux efforts de baisse à la pollu­tion.

Deuxième principe

En second lieu, les mem­bres du Comité proposent une tarification ajustée au revenu et non au statut ou à l’âge. Ainsi, le transport se­rait gratuit pour les adultes dont les revenus se situent en dessous du seuil de pau­vreté. Le ministère de la Santé et des Services so­ciaux serait sollicité pour compenser les pertes de re­venus encourues par les cor­porations de transport.

Pour ceux dont les revenus sont supérieurs au seuil de pauvreté, une exonération d’impôt pourrait s’appli­quer pour les encourager à utiliser le transport en com­mun.

Nous croyons aussi que le ministère de l’Éducation devrait dédommager les corporations de transport plutôt que d’imposer un plein tarif aux étudiants qui ne peuvent bénéficier du transport scolaire.

Troisième principe

Le Comité recommande en plus l’implantation de cir­cuits express qui relieraient les points à haute densité humaine de la ville. Le nombre d’autobus affecté à ces circuits serait élevé. De leur côté, les quartiers rési­dentiels seraient desservis par des circuits transver­saux.

Quatrième principe

Un quatrième groupe de re­commandations vient com­pléter les propositions du Comité. Selon nous, il faut bonifier le service pour aug­menter l’achalandage. Ain­si, pourquoi ne pas avoir à bord une personne assignée pour aider les mères avec bébés et poussettes et les personnes à mobilité ré­duite… Pourquoi ne pas avoir un temps de battement aux lieux où il y a une forte densité de population telles que les écoles, usines, cen­tres d’achat, hôpitaux…

Pourquoi ne pas avoir les mêmes horaires puisque les horaires de travail sont maintenant à temps partiel, de 12 heures ou de fin de semaine… Pourquoi ne pas avoir, en début du mois, une passe journalière pour faci­liter l’achat des emplettes ou encore pour les visiteurs. Nous pensons que les re­commandations du CUTS pourraient rehausser à long terme les lettres de noblesse du transport en commun et participer ainsi au mieux-être de la Cité.

Carole Archambault,
Comité des usagers du Transport urbain de la région de Sherbrooke

Téléphone : (819) 562-3315