Élections municipales
Les élections municipales sont de retour, amenant avec elles l’habituelle campagne, les affiches, les débats. Amenant également quelque chose de très particulier à Sherbrooke, c’est-à-dire, la présence de jeunes candidats au poste de conseiller de district. Ces hommes — car aucune jeune femme ne s’est portée candidate — étant presque tous, sauf deux, encore aux études, ont décidé d’ajouter à leur implication quotidienne celle de la politique municipale. Tout cela a fait couler beaucoup d’encre, mais nous croyons qu’il est tout de même important de le souligner encore : cette entrée de six jeunes candidats révèle plusieurs aspects quant à la politique municipale.
Acclamation ou désintérêt de la population ?
Plusieurs de ces jeunes candidats se présentent contre des conseillers sortants qui, faute d’opposition, auraient été élus par acclamation. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle trois d’entre eux ont décidé de partir en campagne à la dernière minute. Par leur participation, ils remettent donc en question, la légitimité de nos institutions démocratiques, à l’intérieur desquelles une personne peut être réélue pour un autre mandat sans même avoir à rendre de comptes à la population, même lors du temps réservé à la campagne électorale. En effet, comment se fait-il que, dans une société qui se targue d’être si démocratique, on puisse siéger à un poste important en éludant le débat ? Mais surtout, comment se fait-il que d’anciens conseillers n’aient aucun adversaire, et ce, dans plusieurs districts ?
Cette situation soulève une autre question : quel est l’intérêt de la population envers la politique municipale ? À en croire le nombre de districts où il y aurait eu des élections par acclamation avant l’intervention de ces jeunes, cet intérêt semble minime. Pourtant, les conseillers municipaux ont le pouvoir de prendre des décisions importantes, lesquelles nous touchent de près. Il est donc primordial de choisir ‘adéquatement ceux et celles qui les prendront.
Situation passagère ou signe d’un renouveau ?
Mais encore, la venue de ces candidats en politique municipale révèle une problématique plus profonde, celle où les candidats et candidates de longue date ont l’habitude de se faire élire faute d’adversaires. Peut-on supposer en plus que la gestion de la ville telle qu’on la connaît basée sur un développement qui ne tient pas compte de l’environnement, sur un délaissement de l’économie locale au profit de chaînes de magasins à grande surface, sur une insuffisance quant au logement social, au transport écologique, à la qualité de vie pour tous et toutes, peu importe le quartier, etc. pourrait être révolue ?
Ces jeunes ont donc décidé de se présenter pour ouvrir le débat et d’amener de nouvelles idées. Ne pas les prendre au sérieux parce qu’ils ont moins de trente ans serait une erreur ; ils amènent des idées sensées, avec un regard qui se veut plus à long terme et sont capables, n’en déplaise à certains sceptiques, de remplir les fonctions pour lesquelles ils se présentent.
Par contre, ce qu’il est bon d’observer; c’est que cet intérêt survient peu de temps après la grève étudiante survenue le printemps dernier. Sans donner à cet événement tout le crédit, il ne fait aucun doute qu’il a tout de même participé à un éveil politique pour plusieurs car il a été un moyen pour eux de se rassembler, d’avoir des contacts plus directs avec le monde politique et de prendre conscience des lacunes au niveau des structures démocratiques.
ENTRÉE LIBRE est d’avis que l’arrivée de jeunes adultes dans l’univers municipal démontre bien que ces derniers sont non seulement l’avenir de demain, mais que déjà aujourd’hui, ils sont présents. Leur faire confiance et permettre à quelques-uns d’entre eux d’être élus, ne serait-ce pas une belle occasion de marier l’expérience avec la jeunesse et de tendre ensemble vers une société plus juste et démocratique ? Car la ville appartient à tous et à toutes sans égard à l’âge !



