Des moyens pour progresser

1 Décembre 1986

Les quatre derniers jours du mois d’octobre et le premier jour du mois de novembre der­nier se tenait à Sherbrooke le 15e congrès du Conseil Central des Syndicats Nationaux (CSN), de Sherbrooke.

Se déroulant dans un contexte. de remise en question de nos droits sociaux et du rôle de l’état (rapport Gobeil et rapport, McDonald), de vent de privatisa­tion (rapport Fortier) et de dérèglementation (rapport Scowen), le congrès portait aussi une grande charge d’émotion triste suite à l’information sur le décès de Gaston Harvey venu appuyer les grévistes du Manoir Richelieu.

Plus de 120 personnes assistè­rent à ce congrès considéré par. plusieurs comme un congrès de consolidation et de réorganisation interne. Notons au passage que la CSN représente plus de 90, syndicats en Estrie regroupant au-delà de 10 000 membres. D’ailleurs, depuis le dernier : congrès (voilà deux ans), plus de 500 nouveaux-nouvelles membres répartis-es dans 19 syndicats ont adhéré à la CSN dans la, région. On relève seulement deux désaffiliations pour la même période de temps.

Plusieurs questions furent abordées pendant ce congrès : économie régionale et emploi » santé et sécurité au travail, condition féminine, organisation interne, etc… Une des propositions majeures selon M. Hains, res­ponsable à l’information, se ré­fère à la création d’un fonds ré­gional d’appui aux luttes. Se voulant un instrument concret de so­lidarité, ce fonds vise aussi à mieux organiser et à mieux or­chestrer le soutien aux différentes luttes menées par les syndiqués-es.

Une autre proposition impor­tante votée par le congrès concerne la réorganisation des structures représentatives. Un conseil syndical regroupant 14 personnes (exécutif, respon­sables de dossiers et de zone) ver­ra à l’organisation et la mise en application des décisions du congrès. Soulignons qu’une dizaine de personnes siégeant à ce comité se révèlent être des mili­tants et militantes toutes fraîches (et vive la relève !!!).

Mais le plein air faisait aussi partie du programme du congrès; deux sorties extérieures ont en ef­fet eu lieu. La première sortie s’est effectuée sous la forme d’une marche silencieuse devant les bureaux de la S.Q. (Sûreté du Québec) pour dénoncer l’inter­vention mortelle de la police aux abords du Manoir Richelieu où, faut-il le rappeler, Gaston Har­vey a trouvé la mort.

La seconde sortie, plus bruyante, s’est déroulée devant les bureaux du député provincial Hamel pour faire pression en vue d’accélérer les négociations dans le secteur public et para-public, pour soutenir les demandes des travailleurs et travailleuses des garderies et enfin pour souligner la responsabilité gouvernemen­tale dans le conflit du Manoir Ri­chelieu et la mort de Gaston Harvey.

Bref, un congrès d’organisa­tion et de consolidation pour mieux résister aux différentes at­taques des gouvernements et du patronat et ce, par le biais de l’é­ducation syndicale, une plus grande démocratie et implication interne et une meilleure défense des conventions collectives et de nos droits sociaux en général.

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