Commerce mondial

La globalisation a provoqué une croissance des échanges à l’échelle mondiale. Parallèlement, les pays les plus pauvres ne participent pas, ou très peu, aux négociations liées au commerce mon­dial. Ils ne peuvent donc pas y défendre leurs intérêts. Ainsi, le commerce international n’est ni libre ni équitable. À titre d’exemple, les pays riches ont le droit de subventionner généreusement des entreprises agroalimentaires pour l’exportation. Ce privilège encourage la surproduction au Nord, anéantit le gagne-pain de millions d’agriculteurs pauvres dans les pays en développement et endommage l’environnement. L’énormité des problèmes liés à la pauvreté exige donc la révision des règles du commerce international.

Le Canada peut, à l’occasion d’accords de commerce inter­nationaux, préconiser les me­sures suivantes : militer pour l’adoption de règles qui régissent le commerce et l’investissement et qui reconnaissent aux gou­vernements et à leurs citoyens et citoyennes le droit de choisir les meilleures solutions pour abolir la pauvreté et protéger l’environnement ; appuyer des mesures qui donnent plus de pouvoir aux agriculteurs sur le marché et qui mettent fin au dumping des produits, pratique nuisant aux moyens de sub­sistance des collectivités rurales pauvres.

Un juste prix… un juste salaire

Le commerce équitable, à l’in­térieur d’une consommation responsable, est un moyen de pression à la portée des ci­toyens, afin de faire valoir un autre commerce régi par des lois commerciales favorisant des échanges qui soient justes. Lorsque nous consommons équitable, nous favorisons un commerce direct, un juste prix et des conditions de travail équitables, un engagement à long terme et un accès au crédit pour les producteurs, une ges­tion démocratique et une trans­parence, un développement communautaire durable et la protection de l’environnement. Ainsi, un petit geste, répété et contagieux, peut faire une différence pour des producteurs du Sud. Le commerce équita­ble permet de redonner un pouvoir économique tant aux gens du Nord (par leur appui et leur position concrète) qu’aux gens du Sud (par leur travail dans la dignité).

Avec la globalisation, plusieurs entreprises quittent le Canada et le Québec, ferment leurs portes et vont s’installer là où la main-d’œuvre est bon mar­ché et les restrictions com­merciales minimales. Nous ne sommes pas étrangers à cette réalité, en paraphrasant Laure Waridel, militante de la con­sommation responsable. Cha­que fois que nous achetons un produit d’une de ces compa­gnies, nous leur disons : « Parmi tous les produits offerts je choi­sis le vôtre, c’est votre façon de faire que je soutiens, je vote pour vous. » Lorsque nous choisis­sons un produit rendu bon marché par l’exploitation des travailleurs, par le non-respect de l’environnement, nous en­courageons cette pratique… et l’effet boomerang est de plus en plus rapide. Nous avons donc avantage à rechercher des règles commerciales plus justes.

Une pauvreté sans excuses

Dans une société riche comme le Québec, la pauvreté est une réalité pour plusieurs. À Sher­brooke, le dernier recensement de Statistiques Canada révèle que plus de 6 300 ménages vivent avec moins de 10 000 $ par année ! Pourtant, le Qué­bec dispose des moyens pour que les besoins de toute la po­pulation soient comblés et nos gouvernements ont une res­ponsabilité dans cet enjeu.

Depuis 1998, le gouvernement fédéral a diminué de plus de la moitié sa participation au financement des régimes d’aide so­ciale provinciaux. De son côté, au lieu d’appliquer la Loi vi­sant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale adoptée à l’unanimité en décembre 2002 par l’Assemblée natio­nale, le gouvernement du Qué­bec s’est constamment mis en infraction avec cette loi. Cette loi unique au monde qui l’en­gage à « tendre vers un Qué­bec sans pauvreté », l’oblige à améliorer le revenu de l’en­semble des personnes en situa­tion de pauvreté en prenant en compte les ressources dont elles disposent pour couvrir leurs besoins. Le gouverne­ment peut agir dans les protec­tions sociales, notamment l’aide sociale et l’aide financière aux études. Les moyens sont là. Il suffit de les prendre !

Informez-vous des activités en cours et des actions à prendre au www.csisher.com

 

 

Par Marie-Josée Loiselle • Responsable du commerce équitable / CSI
Par Mélanie Mercier B. • Agente de communication / CSI
Pour la Coalition estrienne pour un monde sans pauvreté

 

 

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