Crédit image : Sylvain Laroche

Du Mali à Saint-Camille

Au Carrefour de solidarité internationale (CSI), la solidarité internationale n’est pas unidirec­tionnelle ! Ils sont plusieurs Québécois à fouler le sol du Mali dans le cadre de stages. Depuis 2001, par le biais de différents projets, il y a maintenant des hommes et des femmes engagés qui quittent le Mali pour venir échanger leurs expériences et leurs expertises avec les communautés de l’Estrie. Depuis 2001, l’expérience a dépassé la théorie et a vu naître une solidarité au-delà des espérances.

Deux semaines après leur arri­vée dans le village de Saint-Camille, N’dji Coumaré (agent de projets de Kilabo), Abdoulaye Dembelé (premier secrétaire administratif de la Fédération Sindjiya de Dégnékoro) et Awa Fomba (troisième secrétaire adminis­trative de l’Association des femmes de la Fédération de Dégnékoro) ont pris le temps de me raconter cette histoire de solidarité.

Vivre au quotidien

Ce n’est pas un hasard si cette rencontre s’est faite en plein cœur du village au milieu de l’effervescence habituelle du P’tit bonheur de Saint-Camille le mardi midi. Depuis cinq ans, en collaboration avec le CSI, Saint-Camille accueille les sta­giaires du Mali et la commu­nauté les intègre réellement à la vie du village. Les partenaires du Mali vivent ici plus qu’une expérience professionnelle ; ils sont plongés dans le quotidien des gens de Saint-Camille et deviennent partie prenante de la communauté. Au fil des ans, cette expérience s’est avérée une source de richesse consi­dérable pour les stagiaires du Mali, mais aussi pour la com­munauté de Saint-Camille. Abdoulaye Dembélé et N’Dji Coumaré parlent longuement de tout ce qu’ils ont appris en quelques jours passés à la Clé des champs, que ce soit en matière d’enrichissement des sols ou des types de culture saisonnière. François Rancourt renchérit en notant les ressemblances quant à la gestion de l’agriculture par groupes d’intérêt économique nommé ici coopérative.

Selon François, les coopéra­tives québécoises ont beaucoup à apprendre de l’expérience malienne tant sur la structure des regroupements que sur les valeurs promues par ceux-ci. Awa Fomba, qui séjourne pour la première fois au Québec, est de son côté étonnée de consta­ter l’aboutissement des produits du karité, fruit du travail de beaucoup de femmes maliennes. Elle rappelle cependant la mi­nime part des produits du ka­rité qui sont destinés au marché du commerce équitable. Sur ce marché avec le CSI, le beurre de karité est acheté plus de trois fois la valeur du marché local malien.

Les femmes cherchent donc à maximiser le marché potentiel que cela représente. Parce qu’il permet à la communauté de retrouver une certaine autono­mie financière et d’investir à même des projets de santé, d’éducation ou d’hygiène, le commerce équitable est un in­fluent majeur sur la qualité de vie de tous les villages qui y tra­vaillent. L’Association des femmes de Saint-Camille a d’ailleurs très bien saisi l’impor­tance du rôle des femmes dans cette nouvelle avenue de déve­loppement et elle a demandé à devenir membre de l’Associa­tion des femmes de Dégné­koro… les femmes de Saint-Camille acquittent mainte­nant leur membership annuel et participent, à distance évi­demment, aux rencontres des femmes de Dégnékoro !

C’est avec un sourire complice qu’Abdoulaye conclut notre rencontre en soulignant que l’an dernier, la commune de Dégnékoro est passée de neuf villages à dix : comptant main­tenant officiellement le village de Saint-Camille. Parce que bien avant la distance qui sépare les villages, il y a la solidarité qui les unit.

Source : CSI informe, automne 2006, Vol. 10 no 1

 

AMNISTIE INTERNATIONALE est un mouvement mondial indépendant et impartial formé de bénévoles qui interviennent di­rectement pour la défense des droits de la personne. A Sher­brooke, une rencontre a lieu à chaque premier mardi du mois à 19 heures au CSI, 165, rue Moore. Information : Claude Libersan au 819-820-7355.

 

 

 

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