Des troupes canadiennes pour les États-Unis

1 mars 2007

Guerre en Afghanistan

Cette publication, une produc­tion du Collectif Échec à la guerre, a été rendue possible grâce aux contributions reçues dans le cadre de l’Appel ou retrait des troupes, lancé en octobre 2006. Vous pouvez vous le procurer, moyennant une légère contribution volon­taire, à l’adresse suivante : Collectif Échec à la guerre, 454 Est, avenue Laurier, Montréal QC H2J 1E7 ou par courriel ou au (514) 490-0040.

Les différentes guerres menées par les États-Unis ces dernières années touchent la population canadienne par ses implications politiques et militaires pour notre pays. Alors que le gouvernement canadien annonçait qu’il ne donnerait pas son appui à la guerre menée en Irak par les États-Unis, il a déployé environ 2000 soldats pour soutenir leur présence militaire en Afghanistan. Cet appui indirect permettait donc de libérer des troupes américaines pouvant être redirigées en Irak. Malgré l’opposition d’une large part de la population à notre implication militaire en Afghanistan, 2 300 soldats canadiens sont déjà présents en sol afghan, auxquels iront s’ajouter 125 soldats canadiens en août 2007, provenant majoritairement de la base de Valcartier, au Québec.

La présence du Canada en Afghanistan en fait réagir plu­sieurs qui ne sont pas en accord avec cet appui aux intérêts politiques et économiques des États-Unis dans cette guerre. Cette invasion en terre afghane, sous le chapeau de leur lutte contre le terrorisme, n’est pas une intervention militaire légi­time. Elle s’imbrique dans leur nouvelle approche de « guerre préventive » décrite comme n’étant qu’un écran de fumée pour cacher leur véri­table objectif de renverser un gouvernement hostile à leurs intérêts.

De bonnes intentions

Après plus de cinq ans d’oc­cupation militaire extérieure, la situation en Afghanistan n’est pas à la hauteur des promesses du gouvernement’ canadien. Les droits humains, dont ceux en lien avec la con­dition des femmes dans ce pays, sont semblables à ce qu’ils étaient avant notre ef­fort d’aide à la population afghane. La superposition des mandats des troupes militaires, soit la guerre et la reconstruc­tion, ne tient pas compte de la réalité d’une occupation militaire extérieure et de la rela­tion entre la communauté afghane et les soldats étrangers. La représentation d’un soldat pointant son arme d’une main et offrant son aide de l’autre démontre bien l’incompatibi­lité de ces deux rôles.

Pour toutes ces raisons, plu­sieurs organismes s’opposent à cette participation militaire canadienne. Récemment, même un comité du Sénat a recommandé que le Canada envisage de retirer ses troupes de l’Afghanistan. Le Canada appuierait les États-Unis pour l’intérêt de certaines grandes cor­porations y trouvant profits et pour approfondir le partenariat politique entre les deux pays.

Le Collectif Échec à la guerre, en collaboration avec plusieurs organismes, appelle donc au retrait des troupes canadien‑nes de l’Afghanistan. Celui-ci demande également des comptes au gouvernement canadien afin d’éclairer la population sur notre véritable implication dans cette initiative de nos voisins du Sud d’agrandir leur empire. En lien avec le 4′ anniversaire de l’invasion de l’Irak par nos voisins les États-Unis, se tiendra, le 17 mars prochain, la journée pancana­dienne d’action pour la paix qui sera soulignée par plusieurs mobilisations et dont l’une des revendications est le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan.

 

 

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