Diagnostic de la violence exercée contre les femmes et leurs enfants des communautés culturelles en Estrie

1 février 2003

Projet du Centre pour femmes immigrantes

La région de l’Estrie, avec ses 1 0000 immigrants, (plus de la moitié sont des femmes), connaît peu ou mal la problématique de la violence dont sont victimes des femmes des communautés culturelles. En effet, à ce jour, il n’existe aucune étude en région traitant de ce sujet. De plus, les événements du 11 septembre 2001 ont servi d’élément déclencheur pour quelques membres des communautés culturelles qui ont vécu des situations assez désagréables de la part de la société d’accueil. Avec ce projet, le Centre pour femmes immigrantes veut comprendre le phénomène de la violence que subissent les femmes immigrantes et trouver des pistes de solutions.

C’est à travers un projet d’intégration à l’emploi que le Centre pour femmes immi­grantes a constaté que la vio­lence revenait régulièrement comme préoccupation des personnes rencontrées. Les facteurs sont multiples pour expliquer la réalité de cette violence : pauvreté, perte de l’estime de soi mais aussi violence dont ont été témoins et, souvent victimes, ces immigrants dans leur pays d’origine. Ainsi, le fait de ne pas avoir d’emploi, surtout pour un homme qui se voit confiné à la maison toute la journée, amène des tensions énormes, de l’agressivité au sein du couple et de la violence envers la femme.

Isolement et pauvreté

Dans le rapport final produit par le Comité Cana­dien sur la violence faite aux femmes en 1993, Un nouvel horizon, on peut lire dans les huit pages consacrées aux femmes des communautés culturelles : « Bon nombre de femmes immigrantes sont marginalisées par le manque de services, leur méconnais­sance des langues officielles, leur manque d’accès à la for­mation linguistique, leurs faibles possibilités d’emploi, la non-reconnaissance des qualifications acquises à l’étranger et les dispositions de la Loi sur l’immigration qui font de leur dépendance à l’égard de leur mari, une condition d’entrée au Canada. Tous ces facteurs contribuent à leur isolement social, éco­nomique, culturel et politi­que, ainsi qu’à leur vulnéra­bilité à la violence.»

Au Canada, la violence envers les femmes ne dimi­nue pas. Depuis 1989, 45 femmes et 10 enfants en moyenne sont tués chaque année par un conjoint ou un père. Les événements du 11 septembre ont encore un impact menaçant sur les communautés culturelles. Dans son rapport sur la violence faite aux femmes et aux jeunes filles, l’Institut Canadien de Recherche sur les Femmes (ICREF) a cons­taté que « seulement 57 % des maisons d’hébergement et de transition pour femmes au Canada offrent des servi­ces adaptés aux différences culturelles». Il est facile de comprendre alors comment certaines femmes peuvent se sentir souvent « emprison­nées dans des relations vio­lentes par manque de res­sources financières pour vi­vre et se loger».

Objectifs du projet

Par le biais de ce projet, le Centre pour femmes immi­grantes veut entreprendre une recherche-action avec les objectifs suivants : établir un diagnostic de la violence exercée contre les femmes des communautés culturelles et contre leurs enfants; trou­ver quelques pistes qui per­mettront d’éclairer les divers intervenants de la région; les aider à adapter leur interven­tion. Dans ce contexte, le Centre pour Femmes immigrantes deviendrait un pont entre la clientèle et les intervenants.

Ce projet s’inscrit avec les objectifs poursuivis par Pa­trimoine Canada, à savoir, accroître la connaissance et la compréhension du multi­culturalisme, du racisme et de la diversité culturelle du Canada et alimenter un dia­logue éclairé à ce sujet; faciliter la mobilisation col­lective pour la résolution et la prévention des conflits fon­dés sur l’ethnie, la race, la religion et la culture et contre les actes haineux. Ce travail s’échelonnera sur une pé­riode de deux ans.

Centre pour femmes immigrantes, 822-2259

 

 

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