Discours du ministre brésilien de l’Éducation aux États-unis

1 janvier 2005

Pendant un débat dans une université aux États-unis, le ministre de l’Éducation, Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu’il pensait au sujet de l’internationalisation de l’Amazonie. Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu’il espérait une réponse d’un humaniste et non d’un Brésilien. Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.

« En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’interna­tionalisation de l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouver­nements pour ce patrimoine, il est nôtre. En tant qu’huma­niste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que l’Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l’im­portance pour toute l’huma­nité. Si, au nom d’une éthique humaniste, nous devions in­ternationaliser l’Amazonie, alors nous devrions interna­tionaliser les réserves de pétrole du monde entier.

Amazonie = Pétrole = Capital financier

Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’huma­nité que l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de pétrole, comme d’augmenter ou non son prix.

De la même manière, on de­vrait internationaliser le capi­tal financier des pays riches. Si l’Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays. Brûler l’Amazonie, c’est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l’économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Prési­dence des États-unis ont sou­tenu l’idée d’une internationa­lisation des réserves florestales du monde en échange d’un effacement de la dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour s’assurer que tous les enfants du monde ait la possibilité de manger et d’aller à l’école. Internationali­sons les enfants, en les traitant, où qu’ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l’atten­tion du monde entier, davan­tage encore que l’Amazonie. Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patri­moine de l’Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient aller à l’école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre.

En tant qu’humaniste, j’ac­cepte de défendre l’idée d’une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous ! »

Source : Communautique, Ce texte n’a pas été publié. Aidez-nous à le diffuser.

 

 

 

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