Imaginez une carte postale de Sherbrooke. Que voyez-vous ? Des côtes, des arbres, une rivière… et de magnifiques bâtiments anciens. Nos édifices patrimoniaux font partie intégrante de notre identité collective. Ils racontent notre histoire, ils donnent une âme au cœur de notre ville. Et pourtant, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui menacés.
Ce n’est pas toujours évident de les entretenir comme il faut, car ça coûte cher. Mais tout le monde convient que c’est important de le faire.
Durant la campagne électorale de 2025, Mme Bibeau a d’ailleurs pris la parole sur l’importance du patrimoine et de la culture. Elle évoquait notamment la nécessité d’investir dans des lieux emblématiques comme le Domaine Howard.
À ce moment-là, un investissement de 1,5 million de dollars était prévu en 2026 pour des réparations urgentes au Domaine Howard. Sans être ingénieur, une simple visite des lieux suffit à constater l’ampleur des besoins :
- le portique de la maison du sénateur Howard est fragilisé et entouré de clôtures;
- la véranda vitrée de la maison de sa mère, où elle faisait pousser des fleurs, est endommagée;
- une des serres municipales, celle près du boulevard Portland, est fermée et devra être démantelée;
- la serre victorienne, à l’arrière, nécessite elle aussi des travaux importants;
- la maison du jardinier est fermée et ne peut plus être occupée.
Et je pourrais continuer. Mais une chose est claire : les besoins dépassent largement 1,5 million, même si l’on se limite aux interventions les plus urgentes.
Pourtant, lors de la présentation du budget, Mme Bibeau s’est réjouie d’un investissement de 500 000 $ au Domaine Howard, sans préciser que l’enveloppe initiale avait en réalité été réduite d’un million de dollars. À ce rythme, il sera impossible de redonner un véritable caractère public aux bâtiments du Domaine Howard. Au mieux, ils deviendront de simples éléments décoratifs dans un parc.
C’est d’autant plus préoccupant que le Domaine Howard est un véritable joyau, avec un immense potentiel culturel et touristique. Magog a sa Maison Merry. Coaticook, son Musée Beaulne. Stanstead, son Musée Colby-Curtis. Il est grand temps que Sherbrooke mette les ressources nécessaires à la mise en valeur de ce trésor caché.
On nous répondra que les rues ont été priorisées, et il est vrai que leur état est préoccupant. Mais une rue qu’on reconstruit restera toujours une rue. Un bâtiment patrimonial qu’on laisse se perdre est perdu à jamais.
Et le Domaine Howard n’est pas un cas isolé. L’entièreté de l’enveloppe 2026 « résorption du déficit de maintien d’actifs immobiliers » a tout simplement été éliminée. Au total, ce sont 4 millions de dollars de moins qui seront investis en immobilier municipal par rapport à ce qui était prévu. C’est majeur.
Mme Bibeau a répété durant la campagne qu’elle irait chercher des sommes à Québec et à Ottawa. Je souhaite sincèrement qu’elle y parvienne, et rapidement.
Car nos bâtiments patrimoniaux, eux, ne mettront pas leur dépérissement sur pause.




