Les événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont bousculé plusieurs certitudes et perspectives de développement tant sur le plan économique que sur les plans sociaux, politiques et… militaires.
Bien que nous reconnaissons la nécessité de lutter contre le terrorisme (encore faudrait-il s’entendre sur ce qu’est le terrorisme…), nous nous questionnons fortement sur les moyens actuels utilisés par les grandes puissances de ce monde.
Source du terrorisme : pauvreté ou « illuminés » ? ? ?
Plusieurs personnes se sont questionnées sur le pourquoi d’événements comme ceux survenus le 11 septembre. Pour nous la cause principale (mais non exclusive) réside dans les inégalités économiques et sociales persistantes et grandissantes entre pays riches et pauvres et entre pauvres et riches dans les différents pays. D’ailleurs, un nombre important de lauréats du prix Nobel de la paix, réunis à Oslo à l’occasion du centenaire du prix en décembre dernier, ont co-signé un texte sur cette question. Celui-ci souligne que « le danger le plus grave pour la paix mondiale ces prochaines années découlera non pas des actes irrationnels d’États ou d’individus, mais des demandes légitimes des démunis du monde enfler » (La Presse, 8 décembre 2001).
Effectivement, la pauvreté est sans contredit la source majeure de conflits violents à travers le monde devenant ainsi la terre propice où pousse les différents mouvements terroristes prenant des masques multiples (religion, libération nationale, révolution prolétarienne, etc.). Si nous identifions la source principale du terrorisme comme étant la pauvreté, ne serait-il pas cohérent de s’attaquer à celle-ci ? À force de déclarer que c’est Ben, on vise à nous faire perdre de vue l’essentiel.
Budgets de répression / budgets de solidarité
Lors de la présentation du dernier budget fédéral présenté en décembre dernier, le gouvernement a clairement démontré ses orientations puisqu’il a ajouté plus de 3,9 milliards pour le ministère de la Défense nationale de 1999 à 2006 par rapport à moins de un milliard à l’aide internationale (un peu plus s’il y a un surplus).
Pourtant, en 1970, l’ONU a fixé à 0.7 % du produit national brut (PNB)* l’objectif à atteindre en ce qui concerne l’aide étrangère pour chacun des pays dits développés. En 19921993, le Canada a accordé 0,49 % du PNB à l’aide étrangère. Cette aide a chuté à 0,26 % en 2000-2001 et, selon tout vraisemblance, ce pourcentage diminuera encore cette année. Mais voilà qu’après des années de discours sur la nécessité de se serrer la ceinture(pour la classe moyenne et les plus démuni-e-s bien sûr…), voilà que le gouvernement « trouve » les fonds nécessaires pour augmenter les budgets militaires. À bien y penser, il y a beaucoup plus de chance (multipliez par plus de mille…) de mourir par manque de soins adéquats au Canada que de mourir par un acte terroriste… Autre question : à quand un débat public sur la nécessité de maintenir une armée professionnelle au Canada « bouffant » plusieurs milliards ?
Le gouvernement libéral a beau tenir un discours teinté de compassion pour les pays moins favorisés, mais il semble que la réalité soit tout autre ! ! ! Le Canada est bien loin de l’objectif fixé par l’ONU. En effet, il faudrait plus que doubler l’aide internationale accordée actuellement par le Canada pour atteindre cet objectif (de 0,26 % à 0,70 %). Pourtant, la diminution de la pauvreté par un meilleur partage des richesses devrait être le fondement même de l’aide étrangère canadienne.
Encore une fois, les pressions populaires sur nos élu-e-s devront se faire sentir pour que la situation change. À nous de jouer.
* Le PNP est la somme totale que représente l’ensemble des biens produits et services rendus dans un pays donné.




