Du pain, pas des Jeux !

1 janvier 2010

Les jeux olympiques

Après un relais de la flamme sous le thème « la Banque Royale du Canada vous donne des bébelles en plastique pour vous convaincre qu’ils sont écolos », qu’est-ce qui peut nous apparaître plus contradictoire ? Peut être le fait que le gouvernement de la Colombie-Britannique coupe des sub­ventions dans les sports scolaires pour financer les olym­piques, en nous disant qu’ils le font pour l’esprit du sport. Ou bien encore que le gouvernement Canadien refuse de faire une trêve en Afghanistan lors des jeux et qu’il continue de déblatérer sur l’unité qui réside entre les nations.

Évidemment, ce n’est pas les contradictions qui feront s’ef­fondrer l’institution olympique, et tant que des gens riches supporteront les Jeux, les con­tradictions importeront peu.

Un gouvernement municipal vise et visera toujours à maxi­miser les investissements gouvernementaux dans sa lo­calité. C’est simple : Si les in­frastructures sont payées par d’autres paliers gouvernemen­taux, on externalise les coûts. De ce point de vue, les villes de Vancouver et Whistler avaient donc tout à gagner en obtenant les Jeux.Comme par exemple le fait d’obtenir une améliora­tion du réseau routier et une augmentation de la valeur du parc immobilier, etc. Mieux, utiliser « l’esprit olympique » pour justifier des subventions provinciales, ça change du dis­cours du pôle de croissance qui est véhiculé.

Que fait le fédéral ?

L’appui des autorités fédérales n’est pas si innocent dans ce contexte. En effet, l’État Ca­nadien n’a pas terminé son « coming out » politique. En fait, depuis 2001, avec l’attaque américaine sur l’Afghanistan, les États nord-américains ont recommencé timidement à as­sumer ouvertement leur rôle classique de promotion de la classe dominante, tout en prenant des positions sur des ba­ses idéologiques plutôt que fi­nancières. Terminée la période où l’État prétend être passif dans son rôle de « gestion­naire », qui ne sert d’ailleurs qu’à balancer des colonnes comptables, craignant la vindicte populaire.

Avec des investissements olym­piques de 6 milliards pour justi­fier des retombées économiques de 4 milliards sur 7 ans, dans le scénario le plus optimiste, il est clair que les gouvernements offrent un énorme cadeau aux propriétaires immobilier à Vancouver et Whistler, aux commanditaires olympiques et à l’industrie touristique.

Vancouver dévolue

Malheureusement, c’est Van­couver qui subit le développe­ment. Évidemment, on pointe du doigt la croissance écono­mique, l’accroissement du PIB, puis on tente de garder notre attention sur la moyenne, et on ne nous informe aucu­nement sur l’écart type ! Vancouver était déjà une ville avec un énorme écart entre les riches et les pauvres, et les investissements y sont faits de manière à s’assurer que l’écart y sera grandissant. On sait que les coûts de logement ont considérablement augmen­tés à Vancouver, ce qui n’est sans doute pas étranger à l’augmentation de 373 % du nombre d’itinérants depuis l’obtention des Jeux. La guerre leur est d’ailleurs maintenant déclarée alors qu’à Vancouver comme à Whistler, on tente de « nettoyer » les centres-villes.

Une résistance tenace

Des candidatures pour les jeux olympiques seront soumises dans toutes les villes où des élus municipaux voudront prendre plus de pouvoir. Mais attention : La résistance aux Jeux de Pé­kin, a servi de tremplin à la résis­tance. de Vancouver, et nous fe­rons tout ce qui sera en notre pouvoir pour faire un Seattle des années 2010. Le coup fa­tal reste à porter au mouve­ment olympique et pour se faire, le Réseau de Résistance aux Olympiques de Vancouver ap­pelle à la réalisation d’actions en solidarité.