Il y a des endroits où on comprend vraiment ce qu’est une communauté. Une ruelle où des enfants jouent. Un organisme qui tient bon malgré le manque de ressources. Une voisine qui s’arrête pour demander des nouvelles. Et parfois, au milieu de tout ça, un petit journal qui raconte les préoccupations de tout ce beau monde. Un journal qui appartient aux gens du quartier. C’est là que commence l’importance des médias communautaires.
On oublie facilement l’importance de ces journaux qui arrivent discrètement chez nous, comme s’ils allaient de soi. Pourtant, ils jouent un rôle unique en étant enracinés dans leur milieu et en renforçant l’autonomie et le sentiment d’appartenance. Au fond, un média communautaire appartient réellement à la communauté qu’il sert et protège la liberté d’expression et le pluralisme.
Et ça change tout. Parce que ces médias remplissent un rôle que ni les grandes chaines privées ni les médias publics ne peuvent remplacer. Ils racontent ce que les autres ne voient pas. Ils donnent une voix à ceux qu’on entend rarement. Ils sont un antidote à la concentration médiatique et à l’uniformisation des discours. Ils permettent aux citoyens de comprendre leur propre quartier, de réfléchir ensemble, de se mobiliser quand il le faut. Sans eux, des réalités entières disparaitraient du paysage médiatique.
Entrée Libre raconte ce que vivent les gens d’ici.
À Sherbrooke, on a la chance d’en avoir plusieurs. Des journaux comme Regards d’Ascot ou Ici Brompton racontent la vie des anciens quartiers municipaux avec humanité. Le Journal de rue de Sherbrooke donne une place aux personnes en situation de précarité et crée un lien direct entre elles et le reste de la communauté. Et sur les ondes, CFLX 95,5 FM rappelle chaque jour la force d’une radio communautaire qui reflète vraiment la diversité estrienne. Tout ça montre à quel point ces médias sont indispensables. Ils sont une manière concrète de rester connectés les uns aux autres. Ils valorisent les initiatives locales, les projets d’organismes, les parcours de vie et les gestes solidaires. Et comme ils reposent en grande partie sur le bénévolat, ils invitent chaque citoyen à participer à l’information qui le concerne. C’est une façon de dire : ce qui se passe chez nous compte. Et on va le raconter nous-mêmes.
Mais ces médias affrontent des défis sérieux depuis vingt ans. Le financement est instable. Le bénévolat s’essouffle. Les exigences du numérique explosent. Les géants du web captent l’attention. Et sans vraie reconnaissance, ces médias sont vulnérables aux pressions politiques ou idéologiques. Certains ont déjà disparu. Ceux qui restent avancent avec courage et débrouillardise.
C’est pour ça qu’un journal comme Entrée Libre, qui célébrera ses 40 ans en 2026, est essentiel. Informer, encourager la participation aux organismes, offrir un espace d’expression aux gens du quartier et aux groupes populaires, tout ça fait partie de sa mission. Entrée Libre raconte ce que vivent les gens d’ici. Il donne une voix à des histoires qu’on n’entendrait nulle part ailleurs, comme celle de Renelle qu’on retrouve à la page 6.
Un média communautaire, ce n’est pas un extra. C’est une infrastructure démocratique locale. Et comme toute infrastructure essentielle, il a besoin d’être porté. Lire le journal, proposer un texte, devenir bénévole, offrir un don, en parler autour de soi. Ce sont des gestes simples, mais ils changent tout. Entrée Libre fait vivre notre quartier. À nous de lui donner l’élan dont il a besoin pour continuer.



