Le « mini-budget » fédéral ou
L’ART DE CREUSER LE FOSSÉ
Voilà que le père Noël Martin a déposé de beaux cadeaux sous les arbres multicolores d’un automne frileux. Mais au fait à qui s’adressent ces cadeaux ? À tout le monde ? Ben voyons donc, vous croyez encore au père Noël ???
Il est vrai qu’en surface, ce budget semble profiter à tout le monde. Cependant, lorsque l’on y regarde de plus près, il en va tout autrement. Sans être contre toute baisse d’impôt, l’on constate que le gouvernement a abaissé davantage l’impôt des plus riches par rapport aux impôts des contribuables les plus pauvres. En effet, les plus riches verront leur taux d’imposition diminuer de 3 % (en plus de l’abolition de la surtaxe de 5 %), la classe moyenne de 2 % et les moins fortunés auront « la chance de profiter » d’une faramineuse baisse de 1 %. (Voir le tableau à la page 6 sur l’impact réel de ces baisses d’impôts). Le ministre aurait très bien pu inverser cet ordre. Mais non, Martin a pensé d’abord et avant tout à ses amis les riches !!! (Soulignons ici que la baisse d’impôts ne touche pas 40 % des contribuables qui ne touchent pas assez de revenus pour payer de l’impôt…).
Et si 50 % de vos revenus n’étaient pas imposés ???
Et ce n’est pas fini. Martin abaisse de 66 % à 50 % les « gains en capitaux » (en clair, les profits sur des placements) qui seront imposés. Bref, les plus riches auront davantage d’argent disponible (provenant de la baisse des impôts) pour investir dans différents capitaux pour ensuite faire des profits, dont 50 % non-imposés !!! C’est pas beau ça !!! Et vous, aimeriez-vous ça que seulement 50 % de vos revenus soient imposés ?
Et que dire de la baisse des impôts sur le profit des compagnies qui passent de 28 % à 21 %. Et que dire… (la liste des cadeaux est encore très longue pour les plus riches). Nous évaluons donc que les baisses d’impôt profitent aux plus riches de la société, creusant, encore une fois, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres. Au diable l’avancement de la justice sociale !!!
Et les plus démuni-e-s ?
Concernant les programmes sociaux, le gouvernement semble bien généreux. Cependant, il faut rappeler avec force que, malgré les sommes investies, les programmes sociaux n’ont toujours pas retrouvé le niveau de financement d’avant les coupures, et ce, malgré le développement rapide des besoins dans ces secteurs. De plus, le gouvernement PIQUE littéralement les surplus provenant de la caisse d’assurance-chômage (oups, assurance-emploi…) malgré la détérioration de ce programme. Et comme le dirait l’autre, PIQUER c’est VOLER ! (Plus de 30 milliards depuis le début du vol).
Mais ce qui saute aux yeux, ce sont les miettes offertes aux plus démuni-e-s. Et ce n’est pas le p’tit 150 $ ou 200 $ pour le chauffage qui résoudra le problème (Même pas assez pour éponger l’augmentation de toute façon…).
Pour nous, il est de plus en plus clair que la fiscalité est le miroir de la société. En conséquence, l’existence d’une justice fiscale ne peut qu’exister que dans une société baignée de justice sociale. A nous de jouer ! ! !

