Sur la scène municipale
LES GUETTEURS DE LEURS INTÉRÊTS ?
Récemment, une nouvelle organisation a été mise sur pied à Sherbrooke. Son nom : CITES (Citoyens et citoyennes inquiets de la taxation et de l’endettement à Sherbrooke). Ses principaux porte-parole : Nil Allaire, Camille Fortier, Jacques Jubinville et Roger Fortier (eh oui, que des hommes…). Son objectif officiel : surveiller les finances de la Ville de Sherbrooke, particulièrement pour que celle-ci diminue sa dette (± 140 millions $) et…ses taxes.
Provenance et intérêts…
On peut se poser la question sur l’intérêt de ces citoyens sherbrookois par rapport aux finances de la ville de Sherbrooke. Ne peut-on pas soulever le fait que ces messieurs reprennent le discours de nos bons gouvernements sur la dette et la nécessité de la baisse d’impôts ? Ne peut-on pas présupposer que toutes baisses de taxe municipale profiteraient davantage aux plus riches puisque cette taxe est appliquée uniformément sur la valeur foncière (terrain, maison, etc.) ? Ne peut-on pas souligner que ces messieurs de CITES soulèvent le fait que la taxe municipale sherbrookoise est trop élevée mais sans mettre cela en relation avec les services obtenus en retour ? Ne peut-on pas …
Pour nous, le discours de ces messieurs de CITES n’est qu’une pâle reprise, sur le plan municipal, du discours des plus riches exigeant un État minimum (minimum, minimum, minimum…) et des baisses d’impôts substantielles sans égard aux impacts réels sur l’ensemble de la population et plus particulièrement sur les plus démuni-e-s de notre société (diminution de la quantité et de la qualité des services, tarification de certains services, coupures dans les salaires ou prestations sociales, etc.).
Miroir, miroir, …
Il serait intéressant de soumettre à nos lecteurs et lectrices quelques remarques. Le principal porte-parole de CITES, M. Nil Allaire (qui n’est plus porte-parole depuis…), travaillait pour la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton en présidant même cette firme sur le plan régional. Celle-ci détient le contrat de vérification à la Ville de Sherbrooke. Soulignons que CITES mentionnait, lors de sa première conférence de presse (22 octobre 99), que la « Ville ne pourra pas continuer à investir dans toutes sortes de patentes au nom du développement économique » et faisait référence particulièrement au projet de la Cité des rivières. Pourtant, c’est cette firme, que présidait M. Allaire, qui a obtenu le contrat pour effectuer les études préliminaires sur ce projet…
Un autre porte-parole, M. Jubinville, (candidat défait à la mairie aux dernières élections municipales) a pourtant siégé plusieurs années au Conseil municipal. Où était-il toutes ces années lorsque le conseil municipal s’endettait, dettes que ce monsieur reproche maintenant au Conseil municipal ? Où était-il lorsque le gouvernement du Québec transférait des responsabilités vers les municipalités sans faire suivre l’argent ?
Si nous partageons l’idée que les citoyens et citoyennes devraient suivre les affaires de tous les paliers gouvernementaux (après tout ce sont nos représentant-e-s et notre argent…), nous différons de point de vue sur l’analyse de la situation actuelle des finances publiques et surtout, sur les pistes de solutions que veulent nous imposer certains dirigeants politiques et économique de notre société. Soyons aux aguets par rapport à ces « sirènes socio-politiques »…

