Élections municipales : rien à foutre

1 août 2005
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En novembre prochain, une première historique aura lieu en sol québécois : la tenue, pour une première fois, des élections municipales de façon simultanée, et ce, PARTOUT AU QUÉBEC.

Malheureusement, ce moment historique passera probablement de façon quasi-inaperçue aux yeux de la majorité de la population. Mais pourquoi se préoccuper d’élections muni­cipales quand nous devons déjà voter à deux autres paliers gouvernementaux (fédéral et provincial) et que c’est là que « se brassent les vraies affaires » !

Méconnaissance et, parfois, un certain mépris…

Souvent, autour de nous, nous entendons parler de questions « municipales » avec un certain mépris mêlé de préjugés et de méconnaissance. Parfois, les gens réduisent les interventions de leur municipalité aux ques­tions d’entretien des rues, de cueillette des ordures, de sur­veillance et de ménage des parcs, de service de police et autres « gus-gus » plus ou moins importants à leurs yeux.

Pourtant, les champs d’in­tervention des municipalités sont nombreux et touchent directement ou indirectement la qualité de vie des citoyens et citoyennes. L’énumération ci-haut, bien qu’exacte, est incomplète. Il s’y ajoute une foule d’autres terrains d’inter­vention : le développement économique (incluant le fait de délivrer des permis de cons­truction résidentielle et commercial), l’environnement (traitement des eaux, plages, enfouissement, etc.), le loisir et les sports, le soutien aux orga­nismes communautaires, etc.

De plus, les municipalités, par l’intermédiaire des taxes sur la richesse foncière, disposent de revenus autonomes impor­tants. Enfin, faut-il le rappeler, la Ville de Sherbrooke possède son propre réseau d’électricité, Hydro-Sherbrooke. Véritable « vache à lait » pour la munici­palité, cette dernière lui procure des revenus « autonomes » de l’ordre de 15 millions de dollars par année.

Mais au-delà des champs d’intervention, la proximité du pouvoir demeure une des facettes intéressantes et attirantes pour les citoyens et citoyennes s’intéressant à la vie politique et au « bien commun ». L’accessibilité au personnel politique ainsi qu’aux fonctionnaires permet des interventions généralement plus rapides et moins com­pliquées de la part des citoyens et citoyennes. De plus, le pouvoir d’influence est possiblement plus facile si les gens s’organisent en conséquence. Enfin, le « suivi » des personnes élues sur la scène municipale peut s’exercer sur une base plus régulière avec davantage d’éléments concrets que pour celles élues des autres paliers politiques…

Si le pouvoir municipal revêt un caractère complémentaire aux autres paliers politiques tout en étant aussi important, son attrait auprès des citoyens et citoyennes est quelque peu limité… Par exemple, aux der­nières élections municipales tenues à Sherbrooke en 2001, le taux de participation a été d’environ 45 % des personnes inscrites sur la liste électorale (et nous savons très bien que plusieurs en droit de voter ne se donnent même pas la peine d’aller s’inscrire si leur nom ne figure pas sur la liste). Ce qui fait que nous pouvons dire que le maire de Sherbrooke a été élu avec environ 48 % des voix exprimées, alors qu’en réalité seulement 22 % des personnes inscrites sur la liste ont voté pour lui… Plus le taux de participation sera bas, moins grande sera la légitimité des personnes élues. Enfin, gageons là-dessus : les per­sonnes qui n’auront pas voté « chialeront » probablement davantage…

En plus d’un droit gagné de haute lutte, le droit de vote offre la possibilité de choisir les personnes que prendront des décisions sur notre qualité de vie en général.

Les citoyens et citoyennes ont le devoir et surtout la responsabilité de voter. En plus d’un droit gagné de haute lutte, le droit de vote pour tous et toutes nous offre la possibilité de choisir les personnes qui prendront des décisions sur les questions relevant de leur juridiction, concernant notre environnement culturel et socio-économique en plus de notre qualité de vie en général. Entre autres, n’oublions pas que nous sommes toutes et tous, par l’intermédiaire de nos institutions démocratiques, des gardiens et gardiennes du « bien commun »…

Alors, pensons participation !

 

 

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