Geste anodin que la lecture ? Pas dans les sociétés intégristes comme l’Iran.
En 1995, sous la pression des autorités, Azar Nafisi est obligée d’abandonner son poste de professeure à l’Université de Téhéran. Elle propose alors à sept de ses meilleures étudiantes de venir chez elle, une matinée par semaine, pour « parler littérature » et analyser d’inoffensives fictions ». « Inoffensives » pour nous, sans doute, mais pas aux yeux des dirigeants iraniens qui connais sent bien le pouvoir des livres, la lecture étant le premier pas vers l’autonomie intellectuelle. Au fur et à mesure quelles lisent et commentent quelques-uns des grands écrivains occidentaux, les jeunes femmes mesurent leur aliénation, question leur condition et apprennent à s’affranchir. L’évocation de cette expérience menée dans la clandestinité pendant deux ans conduit à un livre puissant qui, tout en dressant un portrait sur le vif de la révolution islamique, explore de façon captivante l’œuvre littéraire.
NAFISI, Azar. Lire Lolita à Téhéran. Plon, 2004,396 p.
Source : La Gazette des femmes, novembre-décembre 2004, Vol. 26, n° 3, Francine Bordeleau, Bouquins



