Depuis 1980, les victimes d’accidents et de maladies du travail ont été durement touchées par les coupures que le gouvernement et la C.S.S.T. ont effectuées, particulièrement au niveau de la réadaptation sociale des traitements médicaux. La coupure la plus dégueulasse, et qui est d’ailleurs toujours en vigueur pour les accidentés-es de longue date, est celle qui avait pris fin en juillet 82, à l’indexation des prestations. Elle fait des accidentés-es du travail le seul groupe dans notre société à ne pas avoir droit à une indexation quelconque de ses revenus au coût de la vie.
Mais ce n’est pas tout ! Depuis fin février, la C.S.S.T.-Estrie a décidé de s’attaquer directement aux accidentés-es les plus mal en point, c’est-à-dire ceux et celles qui bénéficient du programme d’allocations de « Stabilisation sociale ». Ce programme s’adresse aux personnes que la C.S.S.T. elle-même reconnaît comme incapables de faire quelque travail que ce soit, et par le fait même, leur verse des allocations jusqu’à 65 ans. Ce sont pourtant ces gens « finis », qui cette fois-ci, sont victimes de la guillotine.
Principalement (mais non exclusivement), ces nouvelles coupures touchent les personnes reconnues invalides par la Régie des Rentes du Québec et qui reçoivent leur rente d’invalidité qu’ils se sont payée pendant qu’ils étaient sur le marché du travail. La C.S.S.T. a tout simplement décidé d’amputer de leur allocation à long terme la rente d’invalidité de la R.R.Q. Voilà qui représente des diminutions de plusieurs centaines de dollars par mois !
Imaginez la situation d’un individu, ex-travailleur dans un hôpital de Sherbrooke, qui en 1980 faisait un bon salaire et avait une bonne sécurité d’emploi, et qui, à la demande de la C.S.S.T. a dû cesser de travailler suite à maintes aggravations au travail de ses problèmes à la colonne vertébrale. Celui-ci a accepté la proposition de la C.S.S.T., même si cela lui causait une importante baisse de revenus. Résultat : son allocation à long terme de 627,00 $ par mois qu’il recevait de la C.S.S.T. est passée à 14,00 $, et son revenu total mensuel, qui avec le 479,00 $ mensuel de la Régie des Rentes s’établissait à 1 106,00 $, a été diminué à 493,00 $. Même si son emploi était devenu trop dangereux pour lui en 1980 et qu’il risquait de s’y blesser sérieusement, ce monsieur aurait-il pris la décision de quitter un emploi assuré pour un revenu voisinant les barêmes de l’aide sociale ?
Le pire dans toute cette escroquerie est que cet « effort de rationalisation des dépenses » ne se pratique qu’en Estrie. Nulle part ailleurs au Québec la C.S.S.T. n’a osé s’attaquer aussi bassement à des gens reconnus invalides. Les libéraux au pouvoir vont même jusqu’à dénoncer cette « job de bras » que le directeur régional de la C.S.S.T., M. Jean-Charles Guindon, a entreprise de sa propre initiative.
Bien que ces mesures semblent s’inscrire dans une nouvelle vague de coupures qui seront effectuées à la demande expresse du patronat, il apparaît clair que M. Guindon, dans son empressement à grimper rapidement les échelons à la C.S.S.T., y soit allé un peu fort dans son élan pour présenter un beau bilan financier à la fin de l’année.
La lutte qui s’engage est primordiale pour les accidentés-es du travail ainsi que l’ensemble du mouvement ouvrier; si la C.S.S.T. en Estrie réussit à appliquer de telles énormités, plus rien ne pourra l’empêcher de les étendre à la grandeur du Québec…




