ÉDITORIAL
Élections fédérales
« La croissance économique des années 90 n’a pas profité à tout le monde et l’écart entre les plus fortunés et ceux qui se trouvent au bas de l’échelle est plus important que jamais ». Et non, ce constat n’est pas fait par un obscur groupuscule de gauche ou un hurluberlu du milieu communautaire, mais bien par la très sérieuse agence gouvernementale Statistique Canada en avril dernier !
Produire de la richesse ; mais pour qui ?
Le Canada n’a jamais produit autant de richesse. Cependant, sa distribution est très déficiente (c’est le moins que l’on puisse dire !). En effet, Statistique Canada révèle que l’écart entre riches et pauvres continue à se creuser au Canada : « le revenu des travailleurs les moins biens payés a en effet diminué de 20 % par rapport à ce qu’il était au début des années 1980. (…) Pendant ce temps, le revenu des plus riches s’est accru de 16 % » (« L’écart entre riches et pauvres s’est beaucoup accru au pays », La Presse, 01 mai 2008). Nous ne parlons même pas ici des autres « pauvres » : personnes assistées sociales, personnes retraitées, étudiants et étudiantes, etc.
Nous n’avons pas oublié le vote pris unanimement au Parlement canadien en 1989 visant à éliminer la pauvreté chez les enfants… Pire, le gouvernement canadien a diminué et/ou coupé certains programmes, ce qui a eu pour effet de contribuer à l’augmentation de la pauvreté. Le pire exemple est la diminution de l’accès : aux prestations d’assurance-chômage, et ce, avec une caisse qui cumule plus de 55 milliards de surplus ! Auparavant, plus. de 80 % des personnes salariées qui perdaient leur emploi avaient accès à ce programme social. Aujourd’hui, c’est moins de 35 % qui . :y ont droit, sans parler de la diminution du taux de prestation et du nombre de semaines auxquelles elles avaient droit ! Députés, expliquez-nous…
Et les riches ?
Lorsque l’on constate les profits faramineux des banques et des pétrolières ces dernières années, il y a de quoi s’indigner et… LUTTER !
Quand les plus riches de ce monde font la charité mais du même souffle exigent des baisses d’impôts, il y a de quoi enrager et… LUTTER !
Quand le gouvernement effectue de multiples démarches auprès des payeurs d’impôts pour qu’ils paient jusqu’à la dernière cenne leur dû et que, parallèlement, il accorde des crédits d’impôts et des avantages de toutes sortes aux pétrolières (plus de 2 milliards semblerait-il), il y a de quoi rugir et… LUTTER !
Quand… La liste pourrait s’allonger sur plusieurs pages…
Et les élections dans tout ça
Depuis le début de sa fondation, Entrée libre a pris le parti de la justice sociale. Pour nous, les citoyennes et les citoyens doivent exiger des gouvernements et des différents partis politiques qu’ils appliquent des politiques visant la réduction de l’égard entre les riches et les pauvres tout en visant la disparition de la pauvreté.
Bref, il ne s’agit pas de lutter seulement contre les politiques conservatrices au fédéral (ou libérales au Québec), mais contre l’ensemble des politiques néolibérales quel que soit le parti au pouvoir.
Plusieurs moyens peuvent être utilisés pour ce faire pendant et entre les élections. Cependant, un des moyens gagnés de haute lutte demeure les élections. Ne vous privez surtout pas de cet outil et le 14 octobre prochain, jour du scrutin, soyez nombreux et nombreuses à aller voter.



