Les boissons énergisantes
Si en l’an 50 avant Jésus-Christ, quelques gouttes de potion magique suffisaient aux Gaulois pour éliminer la menace romaine, en 2008, quelques millilitres d’une boisson énergisante suffisent pour maintenir éveiller des milliers de jeunes adolescents durant toute une nuit, ou pour aider des centaines de travailleurs à performer durant une journée complète de dur labeur. Et si les compagnies pharmaceutiques et les principales industries qui fabriquent sur le marché mondial les quelques 906 millions de gallons de ces fameuses boissons qui donnent des ailes », avaient découvert l’ingrédient magique si longtemps caché par Panoramix !
Produits naturels ?
Les boissons énergisantes sont perçues comme des boissons naturelles et bonnes pour la santé. En effet, elles contiennent du ginseng, du ginko biloba ainsi que plusieurs vitamines. Mais peut-on vraiment consommer ces produits sans danger ? Il faut savoir qu’elles contiennent aussi d’autres substances qui n’ont fait l’objet d’aucune étude et qui pourraient avoir des conséquences à long terme, notamment sur le système nerveux. Il faut savoir surtout qu’une substance n’est pas nécessairement salutaire parce qu’elle est naturelle. Qu’on pense à l’opium, à la marijuana pour ne citer que celles-là.
Ne pas perdre son sens critique
Au-delà du danger potentiel pour la santé d’une surconsommation de ces produits, il nous apparaît essentiel de nous questionner sur les besoins auxquels ils répondent.
D’abord et avant tout à un besoin de performance. Est-il encore nécessaire de documenter les exigences toujours grandissantes du marché du travail ? Il faut « être le meilleur », parfois faire de longues heures en plus de conjuguer travail, famille proche, famille élargie, entretien de la maison, de l’auto, croissance personnelle et s’il reste du temps, loisirs…
Notre société avance vite. Nous allons vite… Nous fonçons tête baissée pour vivre à cent à l’heure : meilleure maison, meilleur travail, meilleur loisir, meilleur conjoint-e, meilleur-e amant-e, meilleur tout… avec la facture au bout ! Nous travaillons pour payer, nous payons parce que nous n’avons plus le temps de faire par nous-mêmes…
La fuite par en avant ! Nous allons vite, par en avant mais sans réellement regarder où ce par en avant nous mène… Pour tenir le coup, tout nous semble bon : boissons énergisantes, mais aussi stimulants et pilules de toutes sortes, anti-dépresseurs compris ! En 2003, au Québec, les Québécois auraient fait remplir 5,1 millions d’ordonnances d’antidépresseurs.
La clé : une consommation réfléchie
Il ne faut pas s’inquiéter d’une consommation pour nous aider à tenir le coup à l’occasion. Toutefois, il est impératif de garder en tête qu’il ne faut pas s’en tenir à masquer les symptômes de fatigue ou mettre sous le tapis les inconforts vécus. Mieux vaut une bonne nuit de sommeil, ou encore une alimentation riche en vitamines et en minéraux pour se sentir « sur le piton » et demeurer en santé. Il est aussi plus sage de se repositionner et faire des choix conscients face aux commandes de performance à tout prix. Reconsidérer son organisation de vie, accepter ses limites sont peut-être des voies moins « éclatantes », plus exigeantes mais sûrement plus sécuritaires et viables à long terme.
Si vous voulez discuter de nos choix sociaux et de nos façons de consommer des « produits miracles », Élixir, organisme communautaire estrien en prévention des dépendances vous invite à vous informer sur nos activités (ateliers, groupes d’échange, références, etc.). Pour plus d’informations, consultez notre site Internet au www.elixir.qc.ca ou téléphonez au 819-562-5771.
