Étudiantes et étudiants contre Chartwells

1 Décembre 2005

Monopole alimentaire à l’UdeS

Depuis maintenant deux mois, des étudiantes et étudiants de l’Université de Sherbrooke se battent concrètement contre le monopole alimentaire détenu par la multinationale Compass Group sur le campus. En effet, sa filiale Chartwells — Collèges et Universités — , a signé, il y a un an et demi, un contrat d’ex­clusivité de cinq ans avec l’Université, ce qui empêche tout autre individu ou toute autre compagnie de vendre ou de donner de la nourriture à l’intérieur du campus.

Des membres du Collectif pour une université libre (CUL) ont donc pris l’initia­tive de dénoncer ce monopole en distribuant de la nourriture chaque mercredi juste à côté du casse-croûte Chartwells de la Faculté des lettres et sciences humaines. Selon le contrat d’exclusivité, cela est illégal. « L’administration de la faculté et celle de l’Université nous ont menacé-e-s de représailles si on continuait la distribution de bouffe solidaire », explique Émilie Breton, une des mem­bres du CUL. « Mais ça ne nous a pas empêché-e-s de continuer. » Effectivement, au moment de mettre sous presse, le Collectif avait déjà effectué sa 9e et dernière distribution de la session, et ce, sans qu’aucune menace n’ai été mise à exécution.

Ce que veulent les étudiantes et les étudiants, c’est éviter le plus possible que des entre­prises privées, surtout des multinationales comme Compass Group, n’en viennent à prendre la place de la collecti­vité au sein de l’Université.

Les revendications

« Chartwells est bien ancrée à l’Université de Sherbrooke », fait remarqué Émilie Breton, « elle finance une partie du transport en commun, qui est gratuit pour les universitaires ; elle donne de l’argent à la Fon­dation Force de l’Université ; elle commandite plein de pro­jets étudiants ; elle ales contrats alimentaires de tous les événe­ments qui se tiennent sur le campus… » C’est le droit de choisir que revendique le Collectif pour une université libre : le droit de choisir com­ment se nourrir et à qui donner son argent, certes, mais surtout le droit de choisir le genre de milieu dans lequel la popula­tion étudiante vit chaque jour.

C’est d’ailleurs pourquoi l’As­sociation générale des étu­diantes et étudiants de la Fa­culté des lettres et sciences humaines (AGEFLESH ) a adopté, dans une assemblée générale réunissant un nom­bre peu habituel d’étudiantes et d’étudiants, une proposi­tion exigeant un café étudiant coopératif dans la Faculté. « ‘L’assemblée a également adopté une proposition deman­dant à ce que l’association étu­diante offre, en attendant la mise sur pied du café, des al­ternatives au monopole de Chartwells. C’est ce que fait le CUL avec les bouffes solidai­res », mentionne Émile Breton. Si on en croit le nombre crois­sant de personnes qui se ren­dent à la distribution (plus d’une centaine chaque mercredi, de différentes facultés), les commerçants qui soutien­nent le projet avec des dons de nourriture (Ferme Ste-Ca­therine, Ferme Sanders, Ver­gers Les jardins de pommes, La mie de la couronne) et les autres institutions scolaires qui mènent des luttes sembla­bles (Université Laval, Univer­sité Bishop’s, Université de Calgary), l’intrusion du privé dans le système d’éducation est quelque chose qui préoc­cupe particulièrement les gens, du moins dans le domaine de l’alimentation.

« C’est pourquoi le Collectif pour une université libre n’en­tend céder à aucun chantage et promet de continuer, dès jan­vier, ses distributions solidaires tant et aussi longtemps qu’un café, tel que souhaité par la majorité, n’aura pas été mis sur pied », conclut Émilie Breton.

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon