Quand on survole les mouvements sociaux des 80 dernières années par les grèves, on peut remarquer certains changements fondamentaux.
La grève de l’amiante de 1949
Un point tournant de l’histoire du Québec. Si j’avais à résumer ici en quelques mots, je dirais un conflit de travail où le gouvernement de Duplessis a utilisé la police pour combattre un mouvement ouvrier qui revendiquait de meilleurs salaires d’une entreprise privée.
Le Front commun de 1972
Le regroupement de trois centrales syndicales québécoises (CSN, FTQ et CSQ) demandait un salaire minimum hebdomadaire de 100 $ pour tous les employés du secteur public et parapublic. L’équivalent d’environ 770 $ aujourd’hui. Le gouvernement Bourassa de son côté préférait négocier avec les différentes tables sectorielles plutôt qu’avec le front commun.
Je résume : grève générale illimitée de 210 000 travailleurs ; Loi 19 pour forcer le retour au travail ; emprisonnement des trois chefs syndicaux ; explosion de colère, débrayages spontanés ; le gouvernement recule. Conclusion : libération des chefs syndicaux et concession du 100 $ par semaine. Victoire donc : le concept de « rattrapage salarial » et d’indexation au coût de la vie devient la norme.
Le printemps érable de 2012
C’était la réponse par une « grève étudiante générale illimitée » des trois principales fédérations étudiantes à l’augmentation des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. J’ai toujours cru que l’idée du gouvernement était de provoquer le mouvement étudiant pour faire diversion de la « Commission d’enquête Charboneau » créée en octobre 2011. La grève a eu lieu de février à septembre 2012 et s’est terminée tout juste après l’élection du gouvernement Marois. La concordance des dates est frappante.
Le mouvement « Le communautaire à boutte ! » de 2026
Coordonné par le « Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) », qui « représente 80 regroupements et organismes nationaux et rejoint quelque 4 500 organismes d’action communautaire autonome », ce mouvement vise à : 1) Rehausser le financement à la mission (rattrapage) ; 2) L’indexation des subventions du « Programme de soutien aux organismes communautaires » ; 3) La reconnaissance salariale (équité).
Tendances
On constate une certaine constance : les gouvernements préféreraient diviser pour régner. Et les demandes tendent surtout à protéger le pouvoir d’achat des individus sauf pour la situation actuelle du secteur communautaire qui tend plutôt à protéger la mission des organismes.
Fait nouveau en 2012 et 2026, ce sont des « attaques » des gouvernements envers des groupes ciblés qui déclenche le conflit.
À ce titre, le gouvernement Legault s’en est pris successivement au front commun, aux enseignants, aux infirmières, aux locataires, aux immigrants et aux femmes. La Loi N° 1 notamment relève tellement de la fumisterie qu’on est en droit de se demander de quoi ce gouvernement en fin de vie tente de détourner notre attention.



