Faites vos choix, les jeux sont faits

18 mars 2009

Consultations pré-budgétaires

En février, le gouvernement néolibéral de Jean Charest lançait des consultations pré-budgétaires intitulées « Pour soutenir l’emploi et préparer la relance ». Or, contrairement à ce qui est affirmé sur le site gouvernemental, la démarche que le premier ministre propose ne permet pas aux citoyennes et aux citoyens de se pro­noncer sur les enjeux économiques et financiers du Québec.

En effet, cette consultation oblige la population à opter pour des choix de réponses déjà établies ! Or, une multitude de choix s’offrent à nous, mais elles semblent avoir été balayées du revers de la main. De plus, et c’est ce qui est inquiétant, il ap­pert de ces choix que ce seront la classe moyenne et les person­nes les plus défavorisées de la société qui devront payer pour les abus et la cupidités de ban­quiers, gestionnaires et autres membres de l’élite économique !

Dégarnir le coffre

C’est ce gouvernement qui, en 2008, a consenti des baisses d’impôts alors que les effets de la crise commençaient déjà à se faire sentir. Ce faisant, le pre­mier ministre a volontairement privé les coffres de l’État de près d’un milliard de dollars. Pire, malgré le fait que la majorité de la population s’opposait à de telles baisses, il est tout de même allé de l’avant. Alors qu’elles ont profité aux mieux nantis de la société, il nous propose mainte­nant, pour compenser ces per­tes, des hausses de tarifs ou des compressions dans les program­mes et services. Or, ces mesures affecteront directement les moins nantis de la société car ils seront durement touchés par cette crise. Ces solutions de re­lance nous apparaissent inad­missibles !

Non à la consultation

Dans ce contexte, nous refusons de participer à une consultation où les résultats sont déjà connus d’avance. La référence au rap­port Montmarquette dans cette consultation, rapport qui pro­pose des hausses importantes des tarifs d’électricité et des droits de scolarité, l’instauration d’un ticket modérateur en santé et l’installation de compteurs d’eau nous inquiète grandement. Or, nulle part le gouvernement ne fait mention du rapport du Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale qui avait pourtant condamné de telles hausses tarifaires, sou­lignant leur impact démesuré sur les budgets des personnes à faibles revenus.

Le manque de transparence, d’honnêteté intellectuelle et l’absence de caractère public de cette consultation nous oblige à refuser d’y participer dans sa forme actuelle. Par contre, nous demandons au gouvernement de mettre en œuvre l’application d’une fiscalité progressive pour assurer une réelle redistribution de la richesse, l’élimination des exemptions d’impôts aux mieux nantis, l’évasion fiscale et l’aug­mentation du salaire minimum à 10,43S/heure.