Voici une réflexion à la suite de deux expériences : l’une comme candidate aux élections municipales au sein d’un parti; l’autre, comme membre active dans un mouvement progressiste devenu un parti.
LA politique n’est ni la lutte interne des partis, ni le combat pour une cause théorique, ni le vertige des longs discours, ni la volonté d’embrigadement, mais le désir de voir se traduire dans la réalité plus de liberté, plus de répartition des richesses et plus de justice sociale.
Ainsi, je trouve qu’il y a deux politiques : celle du pouvoir et celle de la pensée. La politique du pouvoir, c’est la haine dans les luttes, l’injure dans la polémique et les vanités vindicatives tandis que la pensée du politique ne veut pas le pouvoir, mais désire changer la société. Est-ce que la recherche de l’amélioration des maux sociaux et la réconciliation des intérêts seraient le lot des femmes ? En politique, le but n’est pas nécessairement le triomphe de l’idée, mais tout simplement de l’opinion qu’on a intérêt à faire prévaloir.
LES hommes et les femmes ne vivent pas de la même façon le rapport au monde politique : « les hommes pourraient tenir des discours longs et ennuyeux au lieu de décider, et ce, jusqu’à la fin du monde; les femmes, elles, ne se demandent pas si une chose est possible, mais si elle est utile. » Pour nous femmes, qui voyons simple et pratique, qui avons encore heureusement un esprit neuf en matière politique, la réalisation d’un programme de progrès social et d’intérêt national devrait être le but précis de chaque parti. Au contraire, nous apprenons qu’un programme n’est guère qu’une indication des tendances générales du parti et que la grande question n’est pas de savoir comment on le réalisera, mais qui le réalisera. Autrement dit, la participation au pouvoir a pris une telle place dans les préoccupations des partis qu’ils donnent l’impression, parfois, d’oublier le but précis qui les a tout d’abord réunis.
LA vie des partis est faite de déchirures internes, de batailles intestines. La politique serait-elle pour les hommes synonyme de plan de carrière et, pour les femmes, l’expression d’une conviction ? Si un homme hurle sur les bancs de l’Assemblée nationale ou au conseil municipal, c’est qu’il a la carrure d’un grand orateur; si une femme crie, elle apparaît comme une furie.
LA vieille politique doit mourir, elle n’a jamais rien eu de positif et de certain; n’a été trop souvent que le prétexte de l’ambition. Pour un renouveau, nous devons laisser place à la réflexion et la mise en pratique de la démocratie. À quand un nouveau parti où les femmes et le peuple pourront être représentés à part entière ?
Carole Archambault



