Feux sonores et guichets adaptés

1 novembre 2002

Comment se faire voir !

Depuis 1978, l’Association des personnes handicapées visuelles de l’Estrie (APHVE) regroupe des personnes aveugles et amblyopes (personnes atteintes d’affaiblissement de la vue, sans lésion organique apparente). Fondé dans le but de maintenir un atelier occupationnel à Sherbrooke, l’organisme a dû orienter son action à la suite de la prise en charge de cet atelier par le secteur public en 1981. Consciente que nombre de personnes vivant un tel handicap se retrouvent souvent désemparées, seules et dépourvues de ressources immédiates, l’APHVE se bat pour que ces membres soient entendus et obtiennent des améliorations aux services et à leur condition de vie. En témoignent la lutte menée pour l’installation de feux sonores de même que celle pour l’adaptation de guichets automatiques, ces derniers toujours en attente.

En Estrie, nous retrouvons au-delà de 2500 personnes vivant avec un handicap vi­suel. Selon le rapport annuel 2001-2002 du Centre réadap­tation Estrie, 55 enfants, 232 adultes de même que 560 personnes âgées ont utilisé les services de son pro­gramme de réadaptation en déficience visuelle. Et les besoins vont en augmentant. L’installation d’un premier système de feux sonores remonte à 1997. Il a fallu beaucoup de pression et d’in­tervention pour obtenir gain de cause. Son coût (10 000 $) rendait le projet encore plus hasardeux. Mais la ténacité des intervenants de l’époque (Centre réadaptation Estrie et APHVE, entre autres) ont permis qu’un tel système prenne vie à l’intersection des rues King Ouest et Fraser.

À la base, le système de feux pour piétons fonctionne de la même façon qu’une ins­tallation conventionnelle. Afin d’ accroître la sécurité, des accessoires audibles sont ra­joutés, ce qui permet d’en­tendre une mélodie de trois ou quatre notes. Ce signal est activé au besoin par les han­dicapés visuels eux-mêmes.

Aujourd’hui, quatre autres systèmes se retrouvent aux intersections suivantes  Parc et Terril, Galt et St-Esprit, King Est et 7e Avenue, Parc et King Est. C’est une belle vic­toire pour l’APHVE. Mais le dossier n’est pas clos.

Guichets en attente

Lors de l’installation de guichets automatiques par la Fédération des caisses popu­laires Desjardins dans les années 1980, un téléphone avait été mis à la disposition des personnes utilisatrices afin de les aider à se fami­liariser avec cette nouvelle technologie. Mais au cours des années 1990, la Fédéra­tion manifeste son intention d’enlever tous ces appareils. Plusieurs organismes régio­naux de même que le Regrou­pement des aveugles et amblyopes du Québec exer­cent des pressions. Mais en vain. La Fédération passe outre la volonté populaire et retire les téléphones.

Rien ne va plus

Depuis, le dossier traîne en longueur. Dans une lettre adressée à l’Office des per­sonnes handicapées du Qué­bec en septembre 2002, la Fédération l’informait de son état « d’avancement » dans ce dossier. Reconnaissant vouloir mieux servir ses membres aux prises avec un handicap visuel, celle-ci men­tionne « que les normes d’utilisation de ce système de re­connaissance et d’assistance vocale à l’intention des personnes handicapées visuelles ne seront définies et connues qu’en 2003 et que quelques projets-pilotes seront mis en opération dans les grands centres seulement en 2004 ».

Comme on peut le consta­ter, on est loin de la coupe aux lèvres. Entre temps, le problème demeure entier. À l’encontre de plusieurs mem­bres des caisses, les person­nes handicapées visuelles qui utilisent les services Des­jardins, préfèrent de beau­coup s’adresser de vive voix à une personne préposée au comptoir. Encore là, la ba­taille n’est pas gagnée puis­que que les caisses forcent la note pour que le guichet automatique demeure le mode de fonctionnement privilégié pour l’ensemble de nos tran­sactions. Cet autonome, l’APHVE fête son 25e anni­versaire.Elle ne lâchera pas prise car la promotion et la défense des droits et intérêts des personnes handicapées visuelles lui tiennent à cœur.

 

Situation actuelle

Actuellement, il n’y, a qu’un seul guichet adapté à Sherbrooke, soit celui de la Banque Royale au coin des rues King et Camirand. Mais aux dernières nouvelles, l’APHVE apprenait que l’ensemble des guichets des succursales des Banques royales seront adaptés pour les personnes ayant une déficience visuelle ou de la difficulté à lire et pour les personnes âgées.

 

 

 

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