Le système de santé pour tout le monde !

Un financement public, par une contribution collective permet un accès égal pour tout le monde aux soins de santé. Nous croyons que le principe de l’impôt représente, encore aujourd’hui, la façon la plus équitable de garantir que l’accès aux soins ne dépendra pas de la capacité de payer des personnes.

Un financement privé implique que les individus devront investir plus d’argent, directement ou par le biais des assurances. Cet investissement dépend donc de leur capacité de payer. Qui aura les moyens de se payer des assurances de plus en plus coûteuses en raison de la hausse du prix des médicaments ? Les riches ? Qui sera « assurable » ? Les personnes jeunes et en bonne santé ? Soulignons au passage que les dépenses en médicaments de la RAMQ sont passées de 900 millions à 2,1 milliards en cinq ans.

Pénurie de personnel

On ne réglera pas les problèmes d’accès aux soins en transférant les infirmières et les médecins du public vers le privé. La privatisation ne multiplie pas les personnels. Au contraire, elle dégarnit le système public. Il est tout à fait inadmissible de profiter de la crise actuelle de pénurie de personnel pour faire avancer la cause du privé.

On laisse miroiter que l’accès aux soins serait amélioré si on laissait les personnes qui en ont les moyens se payer des services. Toutes les solutions qui visent à confier au privé la prestation de services médicaux ne feront qu’aggraver la pénurie de main-d’œuvre en transférant le peu de personnes déjà disponibles du public vers le privé. Nous croyons plutôt que toutes les ressources disponibles doivent être investies à sortir le système public de cette crise et que c’est par la fiscalité que cet investissement doit se faire. Les baisses d’impôt contenues dans le dernier budget sont donc tout à fait inappropriées dans les circonstances. Selon le chercheur François Béland du Département de la santé de l’Université de Montréal, « depuis l’an 2000, la diminution des revenus associée à la réduction des impôts et des taxes a atteint 4,5 milliards ». C’est donc dire que le gouvernement s’est privé de revenus importants qui auraient pu être investis, entre autres, dans la santé.

Un débat public

Solidarité populaire Estrie demande au gouvernement du Québec de tenir un véritable débat public sur le financement du système de santé puisque celui-ci représente un enjeu de société fondamental.

Les Québécoises et les Québécois veulent-ils d’un système de santé à deux vitesses, trente ans après avoir fait le choix d’un régime universel ? Un changement aussi fondamental ne peut se décider sans consultation publique.

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En santé, des solutions publiques, ça existe !

  • À Sault-Sainte-Marie, en centralisant le système d’enregistrement des traitements, le délai moyen entre le premier examen et le traitement d’un cancer du sein est passé de 107 à 18 jours.
  • À Edmonton, la réorganisation des services a fait passer l’attente moyenne pour des programmes liés au diabète de six mois à deux semaines.
  • La déprivatisation de la clinique Pan-Am au Manitoba a entraîné une baisse du prix des chirurgies de la cataracte, de 1000 $ à 700 $.
  • Un projet pilote de l’Université de Pittsburgh a montré que chaque tranche de 35 000 $ investis en hygiène et propreté, générait des économies annuelles de 800 000 $.

Source : Le monde ouvrier / novembre-décembre 2007