Forum social de la jeunesse estrienne

1 janvier 2003
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Déclaration finale

C’est avec exaltation que nous annonçons à la planète que, les 7 et 8 décembre 2002, lors du premier Forum Social de la Jeunesse Estrienne, une centaine de jeunes citoyennes et citoyens de l’Estrie ont pris leurs responsabilités et ont affirmé leur désir d’être des acteurs politiques vivants. Nous avons discuté, débattu et pris des engagements.

Face à la vie politique institutionnelle somnolente du Québec contemporain, nous avions le besoin, et l’aurons toujours, de cons­truire des espaces d’action et de discussion critique pro­pres à la jeunesse, des espaces dans lesquels nous pouvons exposer nos espoirs et nos rêves en toute liberté.

Notre démarche est ré­gionale, mais s’inscrit dans un contexte mondial qui nous touche directement. La mar­chandisation de la planète atteint des sommets de plus en plus absurdes. Le projet néolibéral déguise des guer­res impérialistes en chasse aux sorcières, en croisades contre le mal, en « guerre au (narco) terrorisme ».

Nous dénonçons ce mo­dèle irresponsable qui me­nace la vie. Nous nous opposons décidément à l’ar­rogance mercantile avec la­quelle les « adultes » préten­dent diriger la planète, ses ressources, ses peuples et ses rêves. Par conséquent, nous dénonçons le projet de recolo­nisation des Amériques par les États-Unis à travers la ZLÉA, la militarisation et les pressions des institutions financières internationales (FMI, BM, OCDE, OMC).

Nous contestons ce système qui favorise le discours économique par rapport au discours politique, encoura­geant la concentration du pouvoir dans les mains des transnationales au détriment de la souveraineté des peuples.

Nous nous opposons à la répression et à la manipula­tion médiatique au sein des États canadiens et québécois (arrestations massives, lois « anti-terroristes », discours unique, etc.)

Nous refusons un ensei­gnement soumis aux lois du marché chargé de reproduire le système capitaliste (finan­cement privé, ingérence des entreprises dans le contenu des cours, contrats de perfor­mance…). Nous voulons plu­tôt une éducation axée vers l’épanouissement d’êtres hu­mains critiques et transfor­mateurs et non pas seulement vers la formation d’une main-d’œuvre.

Notre système de santé, comme celui de l’éducation, doit rester complètement pu­blic et égal d’accès pour tous et toutes. Il est louche et pervers de penser que l’on puisse faire de l’argent avec la maladie et le malheur des gens.

Nous résistons à la cul­ture triomphante du specta­cle, qui fait de la (sur)con­sommation de produits cultu­rels l’unique interaction pos­sible avec l’art, qui laisse la porte ouverte à l’invasion culturelle états-unienne et qui tend à uniformiser nos valeurs autour de l’idéologie néo-libérale.

Nous soulignons l’incapacité du libre marché à gérer efficacement les ressources de la planète. La spéculation n’est pas un moyen rationnel de faire face à l’urgence de la question environnementale.

Nous ne voulons plus d’un mode de vie centré sur le gaspillage de produits de consommation à usage unique, cette culture est non seulement néfaste écologiquement (multiplication des dépotoirs, pollution des éco­systèmes…) mais aussi socia­lement (mépris de l’être et sur valorisation de l’ avoir).

Nous revendiquons le droit de bâtir un autre monde et croyons qu’il est impératif de nous organiser pour jouer notre rôle. Nous PROPOSONS D’UNIR les différentes expres­sions de lutte face au système et de construire une coalition régionale visant à renforcer le réseau déjà existant aux plans national et internatio­nal.

Il est important de mul­tiplier les théâtres d’inter­vention, de réflexion et de participation citoyenne et de promouvoir l’utilisation de tous les moyens d’expression populaire (médias alterna­tifs, troupe de théâtre d’inter­vention, moyens audiovi­suels, etc.).

Nous croyons que l’édu­cation est en soi un moyen de changement social et politi­que. Ainsi, plusieurs projets d’éducation populaire seront mis sur pied (campagne de sensibilisation, ateliers thé­matiques dans les écoles, éducation par les arts).

Nous voulons une démo­cratie davantage participati­ve, avec des mécanismes de « consultations délibérantes », par exemple, et un mode de scrutin proportionnel (mixte ou autre).

Nous chérissons égale­ment l’idée de prendre col­lectivement en charge l’éco­nomie en priorisant des modes alternatifs d’organisa­tion (coopératives, collectifs, comités régionaux…).

Il nous faut occuper notre espace, hisser nos idéaux tout en haut de nos rêves, élever nos voix : Nous nous soulevons contres les moulins de l’économie triomphante. Nous assumons la responsabilité d’être vi­vant. Nous prévoyons la chute du géant et proclamons qu’un autre monde est possi­ble, urgent et nécessaire !

 

 

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