Françoise Giroud : Journaliste, écrivaille, politicienne et femme

1 février 2003

« Garçon ou fille, homme ou femme, il n’y a que des
individus fiables ou non.»
(Extrait de Ce que je crois, 1978)

Françoise Giroud ne s’est pas contentée de co-fonder le journal L’Express en 1953. Toute sa vie, elle l’a vécue intensément, se débattant pour la reconnaissance de principes qu’elle jugeait fondamentaux : l’égalité entre les hommes et les femmes. Le destin de cette Française exceptionnelle, qui a commencé le 21 septembre 1916 à Genève, s’est achevé le 19 janvier dernier, à l’âge de 86 ans, dans un hôpital de la banlieue parisienne.

De la résistance au métier de journaliste

À 16 ans, Françoise Giroud commença sa carrière professionnelle tout en bas de l’échelle : d’abord sténo­dactylo puis script, elle accéda au poste d’agente de liaison dans la Résistance au début des années 1940. La Gestapo l’arrêta et l’incarcéra en 1943. Par la suite, elle devint journaliste, un métier pour lequel elle ne cacha jamais sa passion.

De tous les combats, cette femme accepta, en 1974, des responsabilités politiques sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Son expérience en tant que secrétaire d’État à la condition féminine ( I 974-76), puis au ministère de la Culture (1976-77), racontée dans La comédie du pouvoir, prit fin en 1977.

À travers ses multiples engagements, Françoise Giroud trouva aussi le temps d’écrire. Ses livres, bio­graphies, romans ou essais, furent publiés dès 1952. Toutefois, ce n’est qu’au début des années 70 qu’elle intensifie le rythme de ses publications. Sa bibliographie contient maintenant quelques 30 titres dont plusieurs portraits biographiques de femmes célèbres.

À la défense des droits des femmes

Engagée personnellement pour défendre les droits des femmes, les convictions profondément humaines de Françoise Giroud transcendent toute son œuvre. Très impliquée envers la cause des femmes, elle siégeait aussi comme jury pour le prix littéraire Fémina depuis 1992. Françoise Giroud, l’une des figures de proue du jour­nalisme français, demeure la seule femme à avoir assumé la direction d’un grand journal pendant vingt ans. Plusieurs femmes aspirent à suivre ce modèle de courage et de détermination. L’annonce de son décès a d’ailleurs provoqué nombre de réactions dans les milieux journalistiques et politiques français, que sa personnalité sans pareil a marqué au fer blanc.

 

 

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