Des expressions comme « parti socialiste » ou « politique néolibérale » reviennent souvent dans les médias. Or, on prend rarement le temps de les expliquer simplement.
Voici ma tentative d’y remédier avec un petit lexique simple et des exemples à l’appui.
L’économie
Le libéralisme protège les libertés individuelles et la propriété privée, en laissant beaucoup de place au marché. C’est le cas du Parti libéral du Québec, historiquement.
Le capitalisme est notre système économique actuel. Les entreprises et les individus possèdent les usines, les commerces, les terrains, et cherchent à faire du profit. C’est le système dans lequel évoluent presque tous les partis, peu importe leur couleur.
Le néolibéralisme, c’est moins d’État et plus de privé. On privatise des services publics, on réduit les impôts des entreprises, on dérèglemente. On en discute beaucoup au Québec, notamment autour de la place grandissante du privé en santé.
Le libertarianisme réduit l’État au minimum : juste la police, la justice et l’armée. Presque tout le reste passe par le marché. Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec s’en réclament.
Le protectionnisme protège l’économie locale avec des tarifs douaniers ou des règles qui favorisent l’achat local, plutôt que de laisser entrer librement les produits étrangers. On le voit dans les hausses de tarifs douaniers états-uniens des dernières années.
Le socialisme fait intervenir l’État de façon marquée pour redistribuer la richesse et garantir l’accès aux besoins de base (santé, éducation, logement). Québec solidaire s’en inspirent.
Le communisme va encore plus loin que le socialisme en abolissant carrément la propriété privée des entreprises et des classes sociales. On pense à des exemples historiques comme l’URSS ou Cuba.
L’État et le pouvoir
L’autoritarisme, le totalitarisme et le fascisme décrivent des régimes qui concentrent le pouvoir et écrasent les libertés. L’autoritarisme réprime l’opposition, le totalitarisme cherche à contrôler toute la vie sociale, et le fascisme y ajoute un chef tout-puissant et le rejet complet de la démocratie. L’Allemagne nazie et l’URSS de Staline en sont des exemples historiques.
L’anarchisme rejette toute hiérarchie imposée, y compris l’État, au profit de l’organisation collective volontaire. On le retrouve notamment dans certains mouvements sociaux et groupes militants.
Les enjeux sociaux
Le féminisme vise l’égalité entre les genres et la fin des inégalités liées au sexe. Le mouvement #metoo au Québec en est une manifestation récente.
L’écologisme met la protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques au centre des priorités. Québec solidaire et le Parti vert du Québec en font une priorité.
Le multiculturalisme encourage la coexistence de plusieurs cultures dans une même société, chacune gardant ses différences. C’est le modèle officiel du Canada depuis 1971.
L’interculturalisme, souvent présenté comme le modèle québécois, mise plutôt sur les échanges entre les cultures autour d’une culture publique commune, notamment la langue française.
Le syndicalisme défend l’organisation collective des travailleuses et travailleurs pour négocier de meilleures conditions.
Et la question nationale ?
Le souverainisme (ou indépendantisme) veut faire du Québec un pays. Québec solidaire et le Parti québécois portent cette idée.
Le fédéralisme veut garder le Québec dans le Canada, avec un partage des pouvoirs entre Québec et Ottawa.
Le nationalisme met l’accent sur la défense d’une identité, d’une langue ou d’une culture. On le voit par exemple dans la défense du modèle social québécois, qui présente les programmes sociaux distincts comme des piliers de l’identité collective à protéger.
Pourquoi s’y attarder ?
Derrière chaque « isme » se cache une vision de société. Les comprendre, c’est se donner les outils pour lire les programmes électoraux d’un œil critique et participer au débat démocratique en connaissance de cause.
