Dans un texte publié le 10 février 2026 sur le média indépendant À gauche, une réflexion revient sur un contraste marquant. Depuis la grande marche pour le climat de septembre 2019 à Montréal, l’écologie a perdu du terrain dans le débat politique québécois. Pendant ce temps, Greta Thunberg a adopté un discours plus radical et plus large.
En 2019, près de 500 000 personnes ont défilé dans les rues de Montréal. C’était peut-être la plus grande mobilisation de l’histoire récente du Québec. Plusieurs y voyaient un tournant. On parlait d’un changement inévitable des priorités politiques. L’urgence climatique semblait enfin au centre des discussions.
Six ans plus tard, le contexte est différent. La pandémie a bouleversé les priorités. L’inflation et la hausse du cout de la vie ont ramené l’économie au premier plan. Les grandes marches se sont raréfiées. Les gouvernements ont continué à parler d’environnement, mais ils ont aussi cherché à protéger la croissance et la compétitivité. Certains dossiers ont illustré ces tensions. Le cas de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, a soulevé des questions sur l’équilibre entre emploi, industrie et santé publique.
Selon l’analyse proposée sur À gauche, ces explications ne suffisent pas. Le recul de l’écologie ne serait pas seulement lié à la conjoncture. Il s’expliquerait aussi par un décalage au sein même du mouvement. En 2019, une grande partie des manifestants défendait une écologie compatible avec l’économie de marché. On misait sur la règlementation, l’innovation verte et les gestes individuels. L’idée était d’améliorer le système, sans le transformer en profondeur.
De son côté, Greta Thunberg a élargi son discours au fil des ans. Elle ne parle plus seulement de réduction des émissions. Elle relie la crise climatique au capitalisme mondial, aux inégalités et aux rapports de domination. Pour ses partisans, cette évolution est cohérente. Si la crise est systémique, les solutions doivent l’être aussi. Il ne suffirait pas de verdir les entreprises ou d’encourager de meilleures habitudes. Il faudrait revoir les modèles de production, la logique de croissance et le partage des richesses.
Cette position ne fait pas l’unanimité. Certains soutiennent que des réformes graduelles restent la voie la plus réaliste pour réduire les émissions à court terme. D’autres craignent qu’un discours radical fasse fuir une partie de la population. La tension entre transformation en profondeur et pragmatisme politique traverse plusieurs mouvements sociaux.
Le texte insiste aussi sur le lien entre écologie et justice sociale. Quand le logement, l’alimentation et l’emploi préoccupent les ménages, la lutte climatique peut sembler secondaire. Pour mobiliser largement, l’écologie doit répondre aux conditions matérielles et parler de qualité de vie.
Au final, la réflexion ne conclut pas à la fin de l’inquiétude environnementale. Elle évoque plutôt la fin d’un consensus fragile. L’idée qu’une transition écologique pouvait se faire sans remise en question plus profonde du système économique semble de plus en plus contestée. Reste à savoir si un nouveau cadre pourra émerger, capable d’unir urgence climatique, justice sociale et appui populaire durable.




