Le 1er mai 2008, le taux horaire régulier du salaire minimum a passé de 8 $ à 8,50 $ et le taux horaire pour les personnes à pourboire de 7,25 $ à 7,75 $. Cette hausse représente 20 $ de plus par semaine. Pour une personne qui travaille 40 heures par semaine au taux régulier, le salaire annuel est de 17 680 $. Cette personne reçoit un salaire inférieur de près de 20 % du seuil de faible revenu qui est établi à 21 668 $ avant impôt, pour une personne seule.

La pauvreté demeure

Cette augmentation peut être favorable pour les plus bas salarié-e-s, mais ne représente pas un salaire qui leur permet de sortir de la pauvreté. Cet effort politique doit se poursuivre. L’Ontario, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse ont déjà prévu des mécanismes de redressement important du salaire minimum. Nous devons convaincre nos élu-e-s de leur emboîter le pas.

Il est essentiel que le salaire minimum procure à une personne qui travaille 40 heures par semaine, un revenu annuel équivalent au seuil de faible revenu de Statistique Canada. En 2008, cela correspond à un taux horaire de 10,43 $.

Équité et dignité

Une hausse du salaire minimum à un niveau qui permet l’atteinte de faible revenu, s’inscrit dans l’esprit de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette loi a été votée à l’unanimité par les trois partis politiques. Cette hausse peut également contribuer à l’atteinte de l’équité salariale. En effet, les femmes forment un peu moins de la moitié de l’ensemble de la main-d’œuvre salariée et elles constituent 60 % des personnes rémunérées au salaire minimum. Ces personnes n’ont pas de réel rapport de force face à l’employeur et dépendent essentiellement du gouvernement pour l’amélioration de leur situation. Un tel geste refléterait l’importance accordée par notre société au travail et à la dignité de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du Québec.