CHRONIQUE CHÔMAGE
Il aura fallu l’arrivée d’une crise majeure du capitalisme pour que certains ouvrent enfin les yeux et constatent que le régime d’assurance-chômage canadien est inadéquat. Les éditorialistes des grands médias du pays ont longtemps dénigré les chômeurs et encensé les gouvernements qui avaient eu le courage politique de sabrer dans cette trop généreuse protection sociale.
Aujourd’hui, ils crient au scandale, s’indignent de la piètre couverture du régime et dénoncent les délais de traitement des dossiers des chômeurs. Est-ce que je suis seul à trouver que ce cri du cœur sonne faux ? Ne vous demandez-vous pas pourquoi les riches propriétaires de ces médias, s’abstenant de faire leur autocritique, changent subitement leur fusil d’épaule ? Leur mot d’ordre changera-t-il à nouveau si les libéraux retrouvent le pouvoir à Ottawa ? On a le devoir de se questionner !
Du nouveau… Où ça ?
Les problèmes à l’assurance-chômage ne sont pas apparus seulement il y a quelques mois avec le début de la crise. La plupart sont récurrents et font partie du quotidien de centaines de milliers de chômeurs depuis une vingtaine d’années. Certains sont amplifiés par l’actuelle crise économique mais ils ne sont pas nouveaux. Ils découlent de décisions politiques des gouvernements conservateurs et libéraux. Rappelons-nous qu’ils ont coupé des centaines de millions de dollars dans l’administration du régime (réduction des effectifs et réorganisation du travail). Voilà pourquoi, malgré les réformes de la Loi qui exclut aujourd’hui près de 60 % des chômeurs, le système s’engorge et les délais de traitement s’allongent dramatiquement.
Le train déraille…
Aujourd’hui, un large consensus est en faveur d’une réforme en profondeur de la Loi. Bravo ! C’est une évidente nécessité que nous clamons depuis longtemps. Toutefois, il faut aussi s’attaquer au déraillement administratif du système. Cette grosse machine est tellement dysfonctionnelle que ses propres agents ignorent certains de ses ratés qui ont pourtant de graves conséquences dans la vie des prestataires.
Nous croyons qu’il est nécessaire que les directions locales de la Commission de l’assurance-emploi consultent les partenaires intervenant directement auprès des prestataires afin d’améliorer la gestion de la prestation de services. Qui connaît mieux les problèmes vécus par les prestataires que les intervenants des groupes de défense comme le MCCE, des organisations syndicales ou des bureaux de députés fédéraux. Je suis persuadé que nous pouvons aider cette machine à améliorer ses performances et ainsi éviter bien des problèmes à l’ensemble des prestataires.
Le Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l’Estrie sollicite actuellement l’appui des organisations populaires et syndicales de la région afin de faire pression sur la direction locale de la Commission. Nous exigeons une structure régionale qui permettrait d’asseoir autour d’une table divers intervenants du milieu et des représentants de l’assurance-emploi.
