La Banque de Montréal a l’obligation de sauver 50 emplois

10 Décembre 2008

Campement devant l’imprimerie Grafikom

Lundi, le 1er décembre, la cinquantaine de travailleuses et de travailleurs de l’imprimerie Grafikom ont décidé d’installer un campement devant l’usine tant que celle-ci ne rouvrira pas ses portes.

Les gens sont inquiets

« Si les machines ne repartent pas à l’imprimerie Grafikom et, qu’à court terme, une cinquan­taine d’emplois y sont perdus, la Banque. de Montréal (BMO) en portera l’odieux. Alors que des acheteurs sérieux ont mis des offres sur la table, la BMO fait la fine gueule, ne répond pas à ces offres et joue grandement avec la survie de l’entreprise. Qui sera intéressé à acheter cette entreprise si elle perd ses clients », de se demander Guy Normandin, trésorier de la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt (FTPF-CSN). Cette entreprise, sous le coup d’une faillite (séquestre), a fermé ses portes le 7 novembre dernier.

Ce qui suscite beaucoup d’in­quiétude dans les rangs syn­dicaux, c’est que malgré des pro­positions soumises à la BMO pour relancer l’entreprise, la banque pourrait être tentée de vendre l’usine de Sherbrooke à un acheteur qui ne ferait que liquider les actifs, ce qui aurait pour effet de fermer l’entreprise définitivement.

Il est minuit moins une

« En effet, il est minuit moins une, a renchéri jean Lacharité, président du Conseil central de l’Estrie CSN. Si la banque ne comprend pas l’urgence d’agir et la responsabilité sociale qu’elle devrait démontrer dans ce dos­sier, il y a problème. En jouant à la loterie comme elle le fait pour aller chercher plus d’argent, ce sont des emplois de qualité qui se perdront. Il me semble que ni l’économie du Québec ni celle de l’Estrie n’a besoin de ce nouveau coup dur. Les banques nous ont démontré leur capacité à perdre des millions de dollars dans les papiers commerciaux, peuvent-elles maintenant nous montrer leur capacité à déve­lopper et soutenir une économie basée sur la création et le main­tien des emplois ?

Concessions salariales et profits de la banque

En acceptant de réduire de 7 % leur salaire, les membres du syn­dicat ont fait des concessions importantes pour permettre aux acheteurs potentiels de soumet­tre une offre à BMO. D’ailleurs, au cours des deux dernières années, ils n’avaient obtenu aucune augmentation salariale. « Si nous sommes prêts à sup­porter de telles concessions, pourquoi la BMO n’en ferait pas quelques-unes ? Dès l’an­nonce de la fermeture, le con­seil central a mis sur pied un comité de relance* visant à tout mettre en œuvre pour trouver des investisseurs et les appuyer dans la relance de la produc­tion de l’usine.

* Le comité est formé de la CSN Estrie, de la FTPF, de la Société de développement économie de Sherbrooke d’investisse­ment Québec, du ministère du Dévelop­pement économique, Innovation et Ex­portation, d’Emploi-Québec et de Fondaction (CSN)

Par Jacqueline Rodrigue • Service des communications CSN Estrie