LA CONTRACEPTION reste encore et toujours une affaire de femmes. « Ça ressemble toujours à cela, malheureusement », dit la docteure Francine Léger, de la Clinique de médecine familiale de l’Est, à Montréal, une généraliste spécialisée en obstétrique qui reçoit souvent des couples dans son bureau. Surtout quand on mentionne aux hommes les risques d’effets secondaires ! Ils ont toujours beaucoup de mal à faire le lien entre activité sexuelle et contraception. Alors que chez les femmes, ça va évidemment de soi ! »
ÇA VA MÊME SI LOIN que dans ce domaine, malgré tous les discours sur le partage des responsabilités, les femmes semblent être les premières à vouloir qu’il en soit ainsi. Dans un sondage effectué il y a quelques années aux États-Unis, on a demandé aux interviewées si elles feraient confiance à leur partenaire s’il existait une pilule anticonceptionnelle masculine. Elles ont clairement répondu non. Et dans une très large majorité (85 %). « On a obtenu des résultats analogues lors d’une étude menée au Québec à l’occasion du 50′ anniversaire du droit de vote des femmes. Ce sont encore et toujours les femmes qui ont la responsabilité contraceptive », dit Anne St-Cerny, coordonnatrice à la Fédération du Québec pour le planning des naissances.
UN POINT DE VUE que partage le docteur Jocelyn Bérubé, responsable de la Clinique de planning des naissances au Centre hospitalier régional de Rimouski. « Il ne faut pas se faire trop d’illusions : la contraception restera encore longtemps destinée aux femmes parce qu’elle n’intéresse pas plus que cela les hommes. Ils ne s’impliquent pas davantage qu’il y a 20 ans, et l’utilisation du condom n’a pas b augmenté. Du coup, ils ne o représentent pas un marché bien intéressant pour les laboratoires, et tout ce qui apparaît de nouveau sur le marché ne leur est pas destiné. »
HALPERN, Sylvie, Gazette des femmes, Une affaire de femmes, janvier-février 2002




